Ecrit Par Maglor — La Banque de France et ses partenaires ont présenté le 7 octobre 2026, aux Trois-Domaines, des indicateurs économiques décrivant la résilience de la Meuse. Ce département lorrain, souvent perçu comme fragile, s'appuie sur quelques moteurs industriels et sur de grands projets pour se transformer. Les éléments chiffrés ci-dessous proviennent d'un entretien accordé en février 2026 par le sous-préfet Éric Le Roux à La Gazette France.
Un marché du travail contrasté
Le chômage avait progressé de 0,6 au quatrième trimestre 2025, un rythme inférieur aux chiffres nationaux. Daimler Buses, installé à Ligny-en-Barrois, reste le premier employeur privé du département. Dans la défense, Arelis et Realmeca cherchent à augmenter leurs capacités, tandis que Bergère de France et La Meusienne reconstruisent la confiance de leurs fournisseurs.
Les plans sociaux, une plaie encore ouverte
Chez Bonduelle, 150 personnes ont été licenciées ; 33 % ont trouvé une solution positive, et un fonds de 1,08 million d'euros finance des initiatives créatrices d'emplois. À Stenay, 124 emplois ont disparu fin 2024 ; 25 % des salariés concernés ont retrouvé une perspective. Le site est en cours de démantèlement, avec des inquiétudes sur les intrusions et la pollution aux PFAS.
Les handicaps structurels
La Meuse compte quatre fois moins d'emplois au kilomètre carré que la moyenne du Grand Est, et un creux démographique chez les 17-40 ans. Environ 12 000 habitants travaillent en Meurthe-et-Moselle. Le département se situe pourtant à environ une heure de Paris, un atout d'accessibilité que les élus veulent valoriser.
Des projets pour l'avenir
Parc Innov, grande zone industrielle près de Bure, doit accueillir des entreprises. Le projet Cigéo de stockage des déchets radioactifs vise un dépôt de la demande d'autorisation de création en 2027, avec des clauses d'embauche locale prévues dans les futurs contrats. Au titre de France 2030, le territoire a bénéficié de 13,5 millions d'euros de subventions et de près de 3 millions d'avances remboursables, soit environ 16,5 millions d'euros, notamment pour Arelis, Valtris, Lactosérum, Gaming Engineering et la scierie familiale Grand Clos.
Autres signaux régionaux
Dans le Grand Est, le Pass Jeune a doublé ses ventes en 2026, selon les informations régionales du 8 octobre, et dix entreprises de Metz ont organisé un job dating destiné aux personnes primo-arrivantes, un dispositif qui intéresse directement les familles d'origine étrangère en recherche d'emploi.
Ce qu'il faut retenir
La Meuse illustre les défis de nombreux territoires ruraux industriels : maintenir l'emploi, attirer des jeunes et diversifier l'économie. Les prochains mois diront si les investissements publics et privés suffiront à inverser la tendance démographique.