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Algérie : face à la flambée des fruits et légumes, le gouvernement plafonne la pomme de terre et traque les spéculateurs

Ecrit Par Maglor — Après un nouvel épisode de hausse des prix des fruits et légumes, le gouvernement algérien a dégainé un ensemble de mesures censées calmer les marchés. Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a présidé le jeudi 1er octobre une réunion avec les représentants de plusieurs filières agricoles, dont les conclusions ont été détaillées par la presse algérienne cette semaine.

Trois mesures phares

La première est une « tolérance zéro » envers les intermédiaires et les spéculateurs. Les services de contrôle doivent surveiller l'ensemble des chaînes d'approvisionnement, de la production à la vente au détail. Le stockage hors du cadre déclaré sera poursuivi, et les autorités appellent au déstockage pour réguler les prix, en particulier ceux de la pomme de terre et de la volaille.

La deuxième est le plafonnement du prix de la pomme de terre : entre 70 et 80 dinars le kilo au niveau des producteurs, et entre 80 et 90 dinars sur les marchés de gros et de détail. Le gouvernement s'engage en parallèle à garantir aux producteurs la disponibilité des chaînes d'approvisionnement et des moyens de production.

La troisième est la création d'un « couloir vert » pour l'importation des intrants agricoles destinés aux filières végétales et animales. Géré par le ministère de l'Agriculture en coordination avec celui du Commerce extérieur, il exonère les produits concernés de l'inscription sur la plateforme numérique.

Fiscalité, financement et suivi

D'autres décisions accompagnent ce dispositif. Les agriculteurs seraient exonérés d'impôts et de contrôle fiscal a posteriori après déclaration de leur production, et leur situation auprès de la Société algérienne de régulation des produits agricoles (Sarpa) devrait être régularisée « instantanément ». Le Premier ministre a également ordonné aux banques publiques de financer toutes les filières agricoles, d'alléger leurs conditions et de réduire les délais d'instruction des dossiers.

Une cellule de veille et de suivi se réunira chaque mois, sous la supervision du Premier ministre et des walis, avec les représentants des filières. La Chambre nationale de l'agriculture (CNA) évoque pour sa part, dans un communiqué du 6 octobre, l'adoption de neuf mesures, notamment sur la surveillance des marchés et le soutien aux agriculteurs.

La réaction des professionnels

La CNA a salué la démarche et assuré que la production se poursuivrait « en abondance et en qualité ». Elle reconnaît toutefois des déséquilibres de prix sur certains produits de base, comme la pomme de terre, et pointe les intermédiaires qui prélèvent des marges excessives. Elle conseille aux agriculteurs de vendre directement leurs récoltes au consommateur sur les marchés de gros.

Une efficacité à vérifier

Le plafonnement des prix est un outil que l'Algérie a déjà utilisé par le passé, avec des résultats variables : lorsque le prix administré est inférieur au coût réel de la chaîne, les produits tendent à se raréfier ou à passer par des circuits parallèles. L'enjeu sera donc de combiner contrôle des marges et amélioration de l'offre, par le financement bancaire, l'accès aux intrants et le déstockage.

Pour les ménages algériens, comme pour les familles de la diaspora qui suivent de près le coût de la vie au pays, le véritable test sera la stabilisation durable des prix sur les étals dans les prochaines semaines.

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