L’Union européenne et le Maroc ont tenu le 6 octobre 2026 à Bruxelles leur deuxième dialogue de haut niveau sur la sécurité, marquant une nouvelle étape dans un partenariat stratégique que les crises régionales et mondiales rendent chaque jour plus indispensable.
Un dialogue au sommet sur fond de menaces multiples
La rencontre, copresidée par Cosmin Dobran, responsable des questions de paix et de gestion des crises au Service européen pour l’action extérieure (SEAE), et Ismail Chekkori, directeur des questions globales au ministère marocain des Affaires étrangères, a passé en revue un agenda sécuritaire dense. Terrorisme et extrémisme violent, cybercriminalité, non-prolifération nucléaire, crises au Sahel, au Moyen-Orient et en Ukraine : tous ces dossiers ont été à l’ordre du jour, témoignant de l’ampleur de la coordination entre les deux parties.
Ce deuxième dialogue fait suite au premier, organisé à Rabat en mai 2024. Il s’inscrit dans la dynamique de relance politique engagée en janvier 2026, lorsque la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas et le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita avaient copresidé à Bruxelles le 15e Conseil d’association UE-Maroc.
Le Maroc, partenaire clé du dispositif sécuritaire européen
La coopération sécuritaire entre Bruxelles et Rabat dépasse largement la seule gestion des frontières. Dès le 1er octobre, les ministres européens de l’Intérieur avaient annoncé des financements supplémentaires pour les drones et les systèmes anti-drones, en appelant explicitement à un renforcement de la coopération avec plusieurs pays partenaires du voisinage — dont le Maroc figure en bonne place.
Bruxelles cherche ainsi à impliquer davantage Rabat en amont de ses dispositifs de sécurité extérieure, et non plus seulement dans la gestion des flux migratoires ou le contrôle des frontières. Cette évolution reflète la reconnaissance par l’UE du rôle stabilisateur joué par le Maroc dans une région marquée par l’instabilité au Sahel, les tensions en Méditerranée et la prolifération des réseaux terroristes transnationaux.
Une institutionnalisation du dialogue sécuritaire
Au terme de la réunion du 6 octobre, les deux parties ont convenu d’approfondir leur coordination dans les enceintes internationales et régionales, notamment dans l’espace euro-méditerranéen et avec leurs partenaires africains communs. Le dialogue sécuritaire doit désormais se tenir régulièrement, en alternant les réunions à Rabat et à Bruxelles.
Cette institutionnalisation progressive témoigne d’une relation qui s’est considérablement densifiée depuis la relance du partenariat en 2022. Face aux crises qui s’accumulent aux portes de l’Europe — guerre en Ukraine, instabilité sahélienne, tensions en Méditerranée orientale — le Maroc s’affirme comme un interlocuteur incontournable pour une Union européenne à la recherche d’ancrages stables dans son voisinage méridional.