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Train Alger-Tamanrasset : la BAD finance un nouveau tronçon et deux chantiers d'environ 1 000 km vont démarrer

Illustration Maglor

Ecrit Par Maglor — Réuni dimanche 4 octobre sous la présidence d'Abdelmadjid Tebboune, le Conseil des ministres a consacré une part importante de ses travaux au grand projet ferroviaire reliant Alger à Tamanrasset. Financement de la Banque africaine de développement (BAD), lancement imminent de nouveaux tronçons, objectif 2028 : le chantier le plus ambitieux du rail algérien entre dans une phase décisive.

Un financement de la BAD pour le tronçon El Ménéa – In Salah – Tamanrasset

Le Conseil des ministres a pris acte de l'approbation du financement de la BAD pour le segment El Ménéa – In Salah – Tamanrasset. Un premier tronçon, Laghouat – Ghardaïa – El Ménéa, long de 495 km, avait déjà été financé par la même institution. L'implication d'un bailleur panafricain donne au projet une crédibilité supplémentaire et allège la pression sur le budget de l'État.

Près de 1 000 km de chantiers sur le point de démarrer

Selon les informations rapportées à l'issue de la réunion, deux sections totalisant environ 1 000 km vont être lancées prochainement. L'ensemble de la ligne dépassera 2 000 km et reliera la capitale à l'extrême sud du pays, avec pour horizon de livraison l'année 2028. Le Conseil a également entendu une présentation sur la construction de la gare de Moulay Lahcen à Tamanrasset.

Pourquoi ce projet est stratégique

Pour l'Algérie, la ligne répond à plusieurs enjeux. Elle doit désenclaver le Grand Sud, faciliter l'acheminement des ressources minières, notamment le fer de Gara Djebilet et le phosphate, et réduire le coût du transport de marchandises, aujourd'hui largement assuré par la route. Elle s'inscrit aussi dans une logique d'intégration africaine, puisque le tracé est pensé pour se prolonger vers le Niger et, à terme, vers le Sahel.

Le même Conseil des ministres a d'ailleurs examiné la mise en œuvre des accords bilatéraux conclus avec le Niger et le Tchad, signe que la dimension continentale du projet est pleinement assumée par Alger.

Les autres dossiers à l'ordre du jour

Outre le rail, les ministres ont examiné le bilan de la récolte céréalière 2026, un sujet sensible pour un pays qui reste l'un des grands importateurs de blé, et validé l'orientation du projet de loi de finances 2027, finalisé le 30 septembre. Ce dernier met l'accent sur l'amélioration du pouvoir d'achat et du climat des affaires, tout en maintenant un niveau élevé d'investissements publics.

Des défis à ne pas sous-estimer

Le calendrier est serré. Construire plus de 2 000 km de voie dans des conditions désertiques, avec des températures extrêmes, des distances logistiques considérables et un approvisionnement en eau et en main-d'œuvre difficile, constitue un défi technique et financier majeur. Les retards ont déjà marqué plusieurs grands projets d'infrastructures du pays, et l'échéance de 2028 sera scrutée de près.

Si le calendrier est tenu, la ligne Alger – Tamanrasset pourrait toutefois transformer l'économie du Sud algérien et renforcer la place du pays comme plateforme logistique entre la Méditerranée et l'Afrique subsaharienne. Pour la diaspora algérienne de France, attachée au développement de son pays d'origine, c'est un chantier à suivre de près.

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