Ecrit Par Maglor — Au Maroc, 38 % de participation aux législatives du 23 septembre. En Algérie, des élections communales en préparation et un budget 2027 qui promet de protéger le pouvoir d'achat. En Tunisie, un parlement qui fixe une ligne rouge fiscale et réclame des comptes. Trois scènes politiques différentes, une même question : comment réconcilier les citoyens du Maghreb avec leurs institutions ?
Le signal d'un scrutin à 38 %
Le Maroc vient de voter. Le PAM arrive en tête avec 97 sièges sur 395, le PJD revient avec 54 sièges, la majorité de demain se négociera entre partis. Mais le chiffre qui s'impose est celui de la participation : un peu plus de six millions de votants, 38,02 %, le niveau le plus bas depuis près de vingt ans. Une démocratie électorale vit de ses résultats, mais elle vit aussi de l'adhésion de ceux qui s'y expriment.
Il serait trop simple d'y voir de l'indifférence. Les jeunes, les diplômés au chômage et les classes moyennes attendent des réponses sur l'emploi, la santé, l'éducation et le coût de la vie. Quand l'offre politique ne leur paraît pas répondre à ces attentes, l'abstention devient une forme de message.
La même question, ailleurs
En Algérie, le gouvernement a mis à l'agenda l'avant-projet de loi de finances 2027, placé sous le signe du pouvoir d'achat, du climat des affaires et de l'investissement public. En Tunisie, les députés exigent des comptes sur l'exécution du budget 2026 avant de discuter celui de 2027. Les contextes diffèrent, mais dans les deux cas, c'est la confiance entre gouvernants et gouvernés qui se joue sur des choix budgétaires très concrets.
Ce que la diaspora peut apporter
Les Maghrébins de France suivent ces débats avec attention : ils transfèrent de l'argent, investissent, soutiennent leurs familles, et constituent une réserve de compétences. Ils sont aussi des électeurs dont la participation, lorsqu'elle est possible, reste faible faute d'information et de facilités pratiques. Le vote à l'étranger, les consulats et l'accès à une information fiable sont des chantiers à mener sans attendre.
Trois pistes concrètes
Premièrement, publier des programmes chiffrés et vérifiables, afin que le vote porte sur des engagements précis. Deuxièmement, ouvrir davantage les listes aux jeunes et aux femmes, non comme une concession, mais comme une condition de légitimité. Troisièmement, rendre compte : chaque gouvernement devrait présenter publiquement, à mi-mandat, ce qu'il a tenu et ce qu'il a abandonné.
Conclusion
Un scrutin n'est pas un simple décompte de sièges. Il est un contrat. Le Maghreb a les ressources, les compétences et une diaspora mobilisée. Il lui faut des institutions qui donnent envie de voter, et des citoyens qui se sentent en droit d'attendre des comptes. C'est à ce prix que les prochains scrutins seront autre chose que des formalités.