Ecrit Par Maglor — Le Maroc progresse dans le classement mondial du tourisme, sans pour autant entrer dans le peloton de tête. Selon l'édition 2026 de l'indice de développement des voyages et du tourisme (TTDI) du Forum économique mondial, le Royaume se hisse à la 70e place sur 110 économies évaluées, avec un score de 3,84 sur 7. Il gagne sept rangs par rapport à l'édition de 2024.
Une progression plus rapide que la moyenne mondiale
Sur deux ans, le score marocain s'améliore de 5,5 %, soit bien davantage que la progression moyenne observée à l'échelle mondiale (2,1 %). Cette dynamique place le pays parmi les économies qui rattrapent leur retard, dans un contexte où le secteur touristique mondial pèse plusieurs milliers de milliards de dollars de recettes et des centaines de millions d'emplois.
L'indice ne mesure pas le nombre de visiteurs ni les recettes touristiques. Il évalue les facteurs et les politiques qui permettent un développement durable et résilient du secteur : infrastructures, environnement d'affaires, ressources culturelles et naturelles, compétitivité des prix, ou encore maturité numérique.
Deuxième en Afrique du Nord, derrière l'Égypte
Au sein de la sous-région, le Maroc occupe la deuxième position, derrière l'Égypte (63e, 3,97 points) et devant la Tunisie (82e, 3,62) et l'Algérie (89e, 3,52). C'est aussi au Maroc que la progression est la plus marquée sur la période, contre 3,6 % pour l'Algérie et 2,1 % pour l'Égypte.
Le Royaume reste toutefois loin des leaders de la région MENA, comme les Émirats arabes unis (22e, 4,56) ou l'Arabie saoudite (29e, 4,45). Il dépasse en revanche la moyenne sous-régionale, établie à 3,98 points pour l'ensemble Afrique du Nord et Moyen-Orient dans ce classement.
Prix compétitifs, infrastructures aériennes et numérique à renforcer
Les points forts de l'Afrique du Nord tiennent d'abord à la compétitivité des prix (5,60 sur 7). Les ressources culturelles progressent également, avec une amélioration de 18 % du pilier concerné entre 2024 et 2026, portée par la demande mondiale pour le patrimoine et la gastronomie.
Les faiblesses sont connues : l'infrastructure de transport aérien (3,83 sur 7) et la maturité numérique (4,47 sur 7) restent en retrait par rapport aux pays du Golfe. Ce sont précisément des chantiers sur lesquels le Maroc investit, à l'approche de la Coupe du monde 2030 qu'il coorganisera avec l'Espagne et le Portugal.
Ce que ce classement signifie
Gagner sept places est un signal encourageant, mais la 70e position rappelle que l'attractivité brute du pays, dont les arrivées touristiques battent régulièrement des records, ne se traduit pas encore pleinement en qualité de l'environnement de développement du secteur. Pour la diaspora, très présente parmi les visiteurs estivaux, l'enjeu est concret : capacités aériennes, prix des billets, services numériques et qualité de l'accueil.
Le Maroc dispose donc d'une marge de progression réelle. La suite du classement dépendra de sa capacité à convertir les investissements en infrastructures et en formation en une offre plus valorisée, plutôt que de rester positionné avant tout sur le critère du prix.