Ecrit Par Maglor — La Commission européenne a lancé, le 8 septembre 2026, une consultation publique sur la réforme du code communautaire des visas Schengen, avec des propositions législatives attendues au premier trimestre 2027. Ce chantier, encore aux premiers stades de la procédure, pourrait redessiner à moyen terme les conditions d'accès à l'espace européen pour des millions de ressortissants maghrébins.
Vers une numérisation progressive des visas
Le projet européen prévoit de remplacer progressivement les vignettes autocollantes apposées sur les passeports par des visas numériques. Bruxelles affiche l'ambition de « renforcer les outils de contrôle » tout en modernisant un système jugé aujourd'hui trop lourd sur le plan administratif, tant pour les consulats que pour les demandeurs. Cette digitalisation s'inscrit dans la continuité des systèmes EES (contrôle biométrique aux frontières) et ETIAS, dont la mise en œuvre progressive concerne déjà les ressortissants de pays tiers, y compris les pays du Maghreb pour les déplacements de courte durée.
Des visas de circulation étendus pour les voyageurs réguliers
Autre piste avancée par la Commission : la délivrance de visas à entrées multiples valables au-delà de cinq ans pour les demandeurs disposant d'un historique de voyage conforme aux règles Schengen. Une telle mesure, si elle est confirmée, pourrait faciliter sensiblement les déplacements professionnels, familiaux ou touristiques pour une partie des ressortissants marocains, algériens et tunisiens qui se rendent régulièrement en Europe, en réduisant la fréquence des démarches consulaires.
Pas de changement immédiat
Pour l'heure, aucune mesure concrète n'est encore entrée en vigueur. Les frais de visa restent fixés à 90 euros pour les adultes et 45 euros pour les enfants de 6 à 11 ans, auxquels s'ajoutent souvent des frais de service pratiqués par les prestataires externes chargés de la collecte des dossiers dans plusieurs pays du Maghreb. La consultation lancée en septembre doit encore être suivie d'un travail législatif qui prendra plusieurs mois avant d'aboutir à des textes définitifs.
Le vrai enjeu : les délais et l'accès aux rendez-vous
Au-delà des annonces techniques, l'enjeu central pour de nombreux demandeurs maghrébins reste moins le montant des frais que les délais d'obtention de rendez-vous et la lourdeur des démarches administratives, régulièrement dénoncés par les associations de défense des migrants et par une partie de la diaspora installée en Europe. Sans garantie que la réforme se traduise concrètement par une réduction de ces délais, plusieurs observateurs restent prudents quant aux bénéfices réels qu'en retireront les candidats au voyage.
Entre promesse de simplification et renforcement des contrôles, cette réforme, qui n'en est qu'à ses débuts, sera scrutée de près par les millions de citoyens maghrébins pour qui l'obtention d'un visa Schengen reste, chaque année, un parcours administratif exigeant.