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Algérie-Sahel : Alger accélère son retour stratégique au Mali, au Niger et en Mauritanie

Ecrit Par Maglor — L'Algérie multiplie depuis l'été 2026 les initiatives diplomatiques et sécuritaires en direction de ses voisins du Sahel, dans un contexte de recomposition rapide des équilibres régionaux. Ce mouvement, qui combine diplomatie, coopération militaire et projets d'infrastructures, vise à consolider l'influence algérienne face à une concurrence de plus en plus vive dans la bande sahélo-saharienne.

Une reprise de contact avec Bamako

Le Premier ministre algérien Sifi Ghrieb s'est rendu à Bamako le 14 septembre 2026 pour « réactiver les mécanismes de coopération » avec le Mali, deux ans après la dénonciation par Bamako, en 2024, de l'accord de paix d'Alger de 2015. Cette visite marque une tentative de renouer un dialogue rompu depuis la rupture des relations diplomatiques, dans un contexte où les autorités de transition maliennes ont profondément réorienté leurs alliances régionales et internationales.

Un engagement sécuritaire plus direct

Au-delà du volet diplomatique, l'Algérie a franchi un cap sur le plan militaire. Selon plusieurs sources spécialisées, quatre avions de chasse Sukhoi Su-30 accompagnés d'appareils de soutien ont été envoyés au Niger le 30 août 2026, après une première livraison d'hélicoptères le 9 août. Cette escalade traduit un changement de posture : Alger, longtemps prudente sur toute implication militaire directe dans la région, semble désormais prête à peser plus concrètement sur la sécurité de ses voisins immédiats.

Des infrastructures pour ancrer l'influence dans la durée

La stratégie algérienne ne se limite pas à la sécurité. Elle s'appuie également sur de grands projets structurants : le gazoduc transsaharien, les réseaux de fibre optique et les corridors commerciaux destinés à relier l'Algérie au Mali, au Niger et à la Mauritanie. L'objectif affiché est de transformer des relations historiques en interdépendances économiques durables, plutôt que de se contenter de préserver une influence traditionnelle de plus en plus contestée.

Une dimension religieuse et culturelle mobilisée

La diplomatie religieuse fait également partie de l'équation. Tamanrasset pourrait devenir un centre de formation pour des cadres religieux venus des pays du Sahel, l'Algérie cherchant à mobiliser les réseaux de la confrérie soufie Tijaniyya qu'elle n'a, selon plusieurs analystes, pas suffisamment exploités ces dernières décennies. Le Maroc a de son côté développé un avantage institutionnel reconnu dans ce domaine grâce à l'Institut Mohammed VI de formation des imams, longtemps considéré comme une référence dans la région.

Une concurrence régionale assumée

Cette offensive diplomatique intervient alors que plusieurs puissances renforcent simultanément leur présence dans la région. Le Maroc, les Émirats arabes unis et Israël sont identifiés par plusieurs analystes comme des acteurs développant leurs propres réseaux diplomatiques, économiques, militaires et technologiques au Sahel, exerçant une pression croissante sur l'influence historique de l'Algérie.

Pour Alger, l'enjeu dépasse la seule rivalité régionale : il s'agit de transformer une profondeur stratégique historique, aujourd'hui fragilisée, en partenariats concrets et durables avec des voisins dont les alliances se recomposent à grande vitesse.

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