Maglor.fr - Installé au Royaume-Uni, ce fils de Taounza – Aït Attab a été élu à la Chambre des représentants le 23 septembre 2026. Bien avant la politique, il y avait l'engagement solidaire, discret et désintéressé.
Sous les couleurs de l'Union constitutionnelle, Mohamed Amine a décroché un siège de député dans la circonscription de Bzou–Ouaouizeght, dans la province d'Azilal, à l'issue du scrutin du mercredi 23 septembre 2026. Un résultat qui, pour ceux qui le connaissent, n'a rien d'un hasard : il vient couronner des années d'actions de terrain, menées bien avant que la politique n'entre dans ses projets.
Un engagement né loin des urnes
Marocain du monde établi au Royaume-Uni, Mohamed Amine n'est pas arrivé à la politique par les discours ni par les promesses de campagne. Pendant des années, il s'est engagé pour sa région d'origine sans la moindre ambition électorale, finançant de ses propres fonds des initiatives sociales et humanitaires, le plus souvent loin des projecteurs.
Notre témoignage ne relève pas de la complaisance : nous avons suivi de près plusieurs de ces actions, dans la province d'Azilal comme au-delà.
L'eau d'abord
Dans une région frappée par la raréfaction de l'eau et la succession des années de sécheresse, le forage gratuit de puits au profit de douars isolés est sans doute ce qui l'a fait connaître. À cela s'ajoutent l'aménagement de pistes, le soutien à des initiatives sportives et associatives en faveur des jeunes, l'équipement informatique d'établissements scolaires, ainsi que des aides financières et alimentaires à différentes occasions.
Sa générosité ne s'est pas arrêtée aux frontières de sa province. Lors du séisme d'Al Haouz, il a mobilisé camions et véhicules chargés de produits de première nécessité vers plusieurs zones sinistrées, des opérations de secours que nous avons pu constater et suivre de près.
« Ça sent les élections »… Souvenir de l'été 2024
Une anecdote en dit long. À l'été 2024, en pleine canicule et en pleine sécheresse, Mohamed Amine avait répondu favorablement à notre sollicitation pour creuser un puits dans un douar reculé qui manquait cruellement d'eau.
Lorsque la nouvelle s'est répandue dans certains cercles officiels, un responsable politique m'avait glissé à l'oreille, sûr de son flair : « Ça sent les élections, tout ça ! »
Plutôt que d'argumenter, j'ai sorti mon téléphone et lui ai montré une avalanche de photos et de vidéos : les convois d'aide acheminés par Mohamed Amine vers les sinistrés d'Al Haouz et de Taroudant, à des centaines de kilomètres de chez nous, là où aucune voix électorale n'était à gagner. Je lui ai répondu, sur le ton de la plaisanterie : « Ce n'est pas les législatives… c'est quelque chose de plus grand que le Parlement. »
Il n'a plus rien dit.
Du terrain à l'hémicycle
Aujourd'hui, les électeurs ont tranché. Le parcours solidaire de Mohamed Amine fait désormais partie de sa biographie publique. Mais le défi qui l'attend est d'une tout autre nature : passer de l'initiative individuelle au travail institutionnel, législatif et de plaidoyer. Autrement dit, ne plus seulement creuser un puits, mais défendre les politiques qui garantiront l'eau, la route et l'école à toute une population.
Son élection dépasse aussi le simple décompte des voix. Elle marque l'entrée d'un visage des Marocains du monde dans l'institution législative, avec la responsabilité que cela implique envers les citoyens de sa circonscription et de sa province. Elle relance également le débat sur la place des compétences marocaines établies à l'étranger dans la vie politique nationale.
Un vers célèbre de la poésie arabe dit en substance que la bienfaisance gagne les cœurs mieux que toute autre chose. Mohamed Amine, tel que nous l'avons connu, a toujours eu le goût du bien : il était naturel qu'il trouve sa place dans le cœur des gens, bien avant de la trouver dans les urnes.
Nous lui souhaitons plein succès dans sa nouvelle mission, en espérant qu'il fasse de son expérience de terrain un levier au service de l'intérêt général. Et que son parcours inspire d'autres MRE à s'engager dans la vie publique, avec sens des responsabilités et esprit patriotique, loin des calculs étroits.
Bon vent, Monsieur le député.