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Biens immobiliers non déclarés en France : l'Office des changes marocain resserre l'étau sur les MRE



Maglor - Les Marocains résidant à l'étranger (MRE) qui possèdent des biens immobiliers non déclarés en France ou en Espagne sont dans le viseur des autorités marocaines. L'Office des changes a enclenché une vague de contrôles ciblés, s'appuyant sur les mécanismes d'échange automatique de données financières avec les pays européens.

C'est paradoxalement à travers des litiges judiciaires entre des propriétaires marocains et des agences de gestion locative européennes que le pot aux roses a été découvert. Ces procédures ont mis en lumière l'existence de patrimoines immobiliers occultes, systématiquement dissimulés aux autorités marocaines. Les revenus locatifs générés étaient, dans la majorité des cas, transférés directement vers des comptes bancaires étrangers, sans jamais transiter par le Maroc.

Vingt-sept dossiers d'investissements immobiliers massifs sont actuellement dans la ligne de mire des enquêteurs, dont plus de la moitié concernent des propriétés situées en Espagne. Ces acquisitions — villas, appartements de prestige ou locaux commerciaux — ont été réalisées sans les autorisations de transfert de fonds pourtant obligatoires au regard de la réglementation des changes marocaine. Parmi les mis en cause figurent de grands entrepreneurs, des promoteurs et des hommes d'affaires.

Pour démanteler ces montages, l'administration marocaine exploite les contrats signés avec des courtiers immobiliers internationaux. Ces sociétés menaient des campagnes de marketing ciblées sur les réseaux sociaux, visant expressément les résidents aisés de Casablanca, Marrakech et Tanger. Des prix affichés à plusieurs centaines de milliers d'euros ont mis la puce à l'oreille des contrôleurs.

Les sanctions encourues sont lourdes : des peines d'emprisonnement et des amendes pouvant atteindre six fois la valeur des actifs dissimulés. Les dossiers sont actuellement croisés avec les fichiers de la Direction générale des impôts (DGI), afin d'établir un tableau fiscal complet de chaque contrevenant. L'administration rappelle que tous ces individus ont délibérément ignoré la campagne de régularisation volontaire clôturée fin 2024, qui avait pourtant permis de déclarer plus de deux milliards de dirhams d'avoirs.

Pour les MRE qui détiennent des biens à l'étranger, ce durcissement est un signal clair : la fenêtre de tolérance se referme. La coopération financière internationale rend désormais la dissimulation de plus en plus difficile, et les risques bien réels.

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