Par Maglor;fr - Vingt-sept ans de règne, et un discours qui ressemble moins à un bilan qu'à un horizon. Le 29 juillet 2026, Mohammed VI a prononcé son allocution annuelle à l'occasion de la Fête du Trône, en s'adressant directement à la nation marocaine — et par-delà, à la diaspora éparpillée aux quatre coins du monde.
Le ton du Souverain cette année : la confiance. Pas celle des lendemains incertains, mais celle d'un Maroc qui, dit-il, a « transformé l'épreuve en opportunité ». En vingt-sept ans, le pays est passé d'une économie fragile à un acteur industriel continental. « La stabilité est notre capital stratégique », a-t-il martelé — un message autant adressé aux investisseurs étrangers qu'aux millions de Marocains du monde qui scrutent de loin la trajectoire de leur pays d'origine.
Un Maroc qui exporte ses ambitions
Les chiffres cités par Mohammed VI dans son discours dessinent un pays en pleine mutation industrielle. Avec une croissance de 4,9 % en 2025, le Maroc se positionne comme le premier exportateur automobile africain, développe une filière aéronautique reconnue et prépare ses infrastructures pour l'ère de l'hydrogène vert. Le tourisme, lui, a franchi le cap des 20 millions de visiteurs l'an dernier — un record historique.
Pour la diaspora marocaine, ces signaux ont une résonance particulière. Beaucoup d'entre eux sont partis dans les années 1990 ou 2000, dans un Maroc qui peinait à offrir des débouchés. Le Maroc de 2026, avec ses zones industrielles, ses programmes de formation professionnelle et son ambition affichée d'autosuffisance à 80 % dans l'agroalimentaire et le pharmaceutique, est un pays qu'ils reconnaissent à peine — et qu'ils regardent parfois avec une nostalgie teintée d'envie.
L'État social, chantier ouvert
Mohammed VI a également insisté sur la généralisation de l'État social — couverture maladie, allocations familiales, retraites — comme pierre angulaire du nouveau contrat social marocain. Un engagement fort, qui vise à ancrer dans les faits une promesse longtemps différée : que le développement économique bénéficie à l'ensemble des citoyens, pas seulement aux grandes métropoles.
Pour les MRE qui envisagent un retour au pays ou qui soutiennent financièrement leurs familles restées au Maroc, cette avancée sociale est loin d'être anecdotique. Elle redessine les conditions d'un retour possible — ou au moins, d'un lien moins précaire avec un pays d'origine longtemps synonyme de débrouille et d'inégalités.
L'horizon électoral
Le Souverain a également évoqué les prochaines élections législatives, appelant à une participation citoyenne active et à une classe politique à la hauteur des défis. Dans un contexte où la jeunesse marocaine — y compris celle de la diaspora — exprime une méfiance croissante à l'égard des institutions, ce rappel sonne comme une invitation autant qu'une mise en garde.
27 ans, et après ?
La Fête du Trône n'est pas seulement un rituel institutionnel. Pour des millions de Marocains de France, de Belgique, d'Espagne ou du Canada, c'est un moment de connexion émotionnelle avec un pays qu'ils portent en eux. Le discours de 2026, plus prospectif que commémoratif, envoie un signal clair : le Maroc de demain se construit aujourd'hui. Et la diaspora est invitée à en être partie prenante.
La Fête du Trône est célébrée chaque 30 juillet, date anniversaire de l'accession au trône de Mohammed VI en 1999.