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Nîmes : des associations dénoncent les préfectures, "fabriques à sans-papiers"

Nîmes Maison Carrée - associations immigration sans-papiers
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Par Maglor.fr - À Nîmes, des associations de soutien aux migrants, dont Amnesty International, ont tiré la sonnette d'alarme. Leur diagnostic est cinglant : les préfectures françaises sont devenues des « fabriques à sans-papiers ». En cause, un engrenage administratif défaillant qui transforme des étrangers pourtant éligibles à un titre de séjour en personnes sans statut légal.

Quand l'administration crée l'irrégularité

Le constat que dressent ces associations nimoise est paradoxal mais documenté : la préfecture du Gard, comme beaucoup d'autres en France, est devenue involontairement — ou non — un rouage qui produit de la précarité administrative. La disparition des guichets physiques, des créneaux de rendez-vous saturés et des services téléphoniques injoignables ont rendu l'accès aux procédures de régularisation quasi impossible pour les personnes étrangères.

Résultat : des hommes et des femmes qui remplissent les critères légaux de régularisation — plusieurs années de présence sur le territoire, intégration professionnelle, famille stable — se retrouvent dans l'impossibilité matérielle de déposer leur dossier. Le silence de l'administration vaut refus implicite. Et le refus implicite fabrique des sans-papiers.

Un contexte politique qui aggrave la situation

Les associations pointent également l'impact de la circulaire Retailleau, entrée en vigueur en janvier 2025, qui a considérablement durci les critères d'admission exceptionnelle au séjour. Les effets ont été immédiats : les délivrances de titres de séjour ont chuté de 42 % dans les neuf premiers mois qui ont suivi la publication de ce texte.

Pour les associations réunies à Nîmes, cette politique volontariste de restriction, combinée au dysfonctionnement structurel des préfectures, produit une double peine : d'un côté, des étrangers qui ne peuvent pas obtenir de rendez-vous ; de l'autre, des critères de régularisation toujours plus restrictifs qui ferment la porte à ceux qui parviennent quand même à se faire entendre.

Amnesty International et le collectif nimois interpellent les pouvoirs publics

Les associations nimoise, au premier rang desquelles la section locale d'Amnesty International, appellent à une réforme en profondeur du système d'accueil préfectoral. Parmi leurs revendications : le rétablissement de vrais guichets physiques accessibles, un délai de traitement raisonnable des demandes, et l'arrêt de ce qu'elles qualifient d'« expulsion administrative silencieuse ».

« Lorsqu'une personne qui a le droit de rester en France ne peut pas déposer son dossier parce que l'administration ne répond pas, c'est l'État qui fabrique lui-même des sans-papiers », résume un représentant de l'une des associations présentes. « Et ensuite, on expulse ces personnes en les présentant comme des irréguliers, alors que c'est le système qui les a rendus tels ».

Un phénomène national dénoncé par de nombreuses voix

Le cas de Nîmes n'est pas isolé. Des associations, des avocats spécialisés et des journalistes d'investigation documentent depuis plusieurs mois la même réalité dans toute la France : les préfectures, débordées et soumises à des injonctions politiques contradictoires, contribuent malgré elles — ou délibérément — à gonfler les rangs des sans-papiers.

Alors que le débat sur l'immigration reste une priorité de l'agenda politique français, les acteurs de terrain rappellent que la question n'est pas seulement celle des frontières, mais aussi celle du fonctionnement interne d'une administration qui conditionne directement le statut juridique de centaines de milliers de personnes vivant et travaillant sur le sol français.


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