FR AR
Partager sur :

Législatives algériennes 2026 : participation historiquement basse, 12 sièges pour la diaspora, le FLN reste en tête

Par Maglor.fr - Les élections législatives algériennes du 2 juillet 2026 ont livré leur verdict : un scrutin marqué par un taux de participation historiquement bas, une percée du RND, et une première historique pour la diaspora qui disposait cette fois de 12 sièges à l'Assemblée populaire nationale. Mais derrière les chiffres, c'est une désaffection profonde des Algériens pour la vie politique qui transparaît.

21,24 % : le taux le plus bas de l'histoire du pays

Sur les 24,7 millions d'électeurs inscrits, dont 854 285 membres de la diaspora, moins d'un Algérien sur quatre s'est déplacé pour voter le 2 juillet. L'ANIE (Autorité Nationale Indépendante des Élections) a confirmé un taux de participation de 21,24 % à l'intérieur du pays et de seulement 10,75 % dans la diaspora — un record négatif dans l'histoire électorale algérienne.

Ce signal d'alarme questionne la légitimité populaire de la nouvelle Assemblée, élue par moins d'un quart des électeurs. Pour de nombreux observateurs, ce désintérêt traduit un divorce persistant entre les citoyens et les institutions représentatives, malgré les réformes annoncées.

Une première : 12 sièges réservés aux Algériens de l'étranger

Pour la première fois dans l'histoire politique algérienne, les Algériens établis à l'étranger ont pu non seulement voter, mais aussi se porter candidats aux législatives, avec 12 sièges alloués à la diaspora — contre 8 lors de la précédente législature. Une avancée symbolique forte pour les quelque 4 millions d'Algériens résidant à l'étranger, même si la faible participation dans la diaspora (10,75 %) tempère l'enthousiasme.

Résultats : percée du RND, érosion du FLN et du MSP

Les résultats provisoires publiés le 6 juillet dressent un paysage politique en mutation. Le Front de Libération Nationale (FLN) reste le premier parti, mais perd 8 sièges par rapport à 2021. Le Rassemblement National Démocratique (RND) réalise la meilleure progression avec 73 sièges, contre 58 en 2021. Le Mouvement de la Société pour la Paix (MSP), islamiste modéré, accuse une perte de 20 sièges — un recul significatif.

La parité absente : une régression alarmante

Une donnée frappe les observateurs : seulement 23 femmes ont été élues parmi les 407 députés, contre 38 en 2021 et 118 en 2017. Une régression spectaculaire de la représentation féminine qui contraste avec les discours officiels sur l'égalité de genre, et qui soulève des interrogations sur l'efficacité des mécanismes de parité dans la loi électorale.

Un Conseil scientifique de la diaspora lancé en parallèle

En marge de ce scrutin, l'Algérie a lancé le 28 juin le Conseil supérieur de la communauté scientifique nationale établie à l'étranger, en présence du professeur Elias Zerhouni, ancien directeur des NIH américains. Placé auprès de la Présidence de la République, ce conseil mobilisera des compétences algériennes de haut niveau dans des domaines stratégiques : IA, cybersécurité, santé, énergies renouvelables et transformation numérique. Une initiative qui, elle, suscite un intérêt réel au sein de la diaspora intellectuelle.


LIRE AUSSI

Summer Camp 2026 : l'Algérie ouvre ses écoles à la diaspora pour l'été — L'Algérie lance son programme Summer Camp 2026, permettant aux enfants de la diaspora de renouer avec leur culture et leur langue maternelle pendant les vacances estivales.

Partager sur :