Après deux années d'interruption, la coopération judiciaire entre la France et l'Algérie reprend vie. Un magistrat algérien sera prochainement posté à l'ambassade d'Algérie à Paris pour relancer l'entraide judiciaire entre les deux pays, selon des sources proches du dossier. Un signal fort du réchauffement diplomatique en cours.
Ecrit par Maglor.fr
La coopération judiciaire franco-algérienne avait été suspendue en 2024, dans un contexte de tensions diplomatiques entre Paris et Alger. Cette interruption avait compliqué plusieurs dossiers sensibles en cours des deux côtés de la Méditerranée, notamment ceux liés à la criminalité organisée, aux biens mal acquis et au trafic de stupéfiants.
La venue prochaine d'un magistrat de liaison algérien à l'ambassade d'Algérie en France marque une nouvelle étape dans la normalisation des relations bilatérales. Ce profil, chargé de faciliter les échanges d'informations et les demandes d'entraide, permettra notamment de débloquer des dossiers dans lesquels des ressortissants des deux pays sont impliqués.
Parmi les affaires concernées figurent celles liées à la DZ Mafia — réseau de criminalité organisée impliquant des binationaux franco-algériens — ainsi que des enquêtes portant sur des biens mal acquis par des personnalités proches de l'ancien régime algérien. Ces dossiers, instruits en partie par le Parquet national financier français (PNF), nécessitent une coopération active avec la justice algérienne.
Ce rapprochement judiciaire intervient dans le sillage de plusieurs visites ministérielles mutuelles ces dernières semaines. Les milieux d'affaires des deux pays multiplient également les contacts pour relancer des échanges économiques ralentis par les tensions politiques. La normalisation progressive des relations franco-algériennes, après une période de forte turbulence, ouvre de nouvelles perspectives pour les ressortissants des deux pays.
Pour la diaspora algérienne en France, ce réchauffement est une bonne nouvelle : il devrait faciliter les démarches administratives et judiciaires transfrontalières, et améliorer la coopération sur des affaires civiles et pénales touchant des binationaux.