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Mort d'Abderrahim Fakir à Bologne : le Maroc exige la vérité, l'Italie s'embrase

Mort d'Abderrahim Fakir à Bologne

Par Maglor.fr - Abderrahim Fakir, Marocain de 42 ans installé en Italie depuis l'âge de sept ans, est décédé le dimanche 19 juillet 2026 lors d'une intervention policière dans le quartier du Pilastro, à Bologne. Chef d'une petite entreprise de déménagement et de manutention, cet homme décrit par ses proches comme « un bon vivant au grand cœur » est mort alors qu'il se trouvait sous le contrôle des forces de l'ordre italiennes. Une vidéo filmée par des riverains a bouleversé l'Italie, secoué la communauté marocaine et donné une résonance internationale à une affaire qui interroge l'usage de la force lors des interpellations policières.

Ce qui s'est passé à Bologne

Selon la version communiquée par les autorités italiennes, plusieurs appels avaient signalé un homme en état de « forte agitation » qui aurait tenu un comportement agressif et endommagé un véhicule dans le quartier du Pilastro. Les policiers dépêchés sur place ont d'abord tenté de le calmer, avant de recourir à du gaz poivre, puis de l'immobiliser au sol pour le menotter.

Mais les images enregistrées par des habitants racontent une autre séquence. On y voit Abderrahim maintenu face contre terre par deux policiers, pendant de longues minutes. Il crie « Aiuto » (au secours) et répète « Basta » (ça suffit), signalant ainsi qu'il ne résiste plus. Sa voix faiblit progressivement jusqu'à ce qu'il cesse tout mouvement. Quatre secouristes présents sur les lieux n'interviennent pas immédiatement. Un troisième homme en civil, non identifié, participe également à son immobilisation. Le décès d'Abderrahim Fakir a été prononcé à 12h53.

Six personnes visées par l'enquête

Le parquet de Bologne a ouvert une enquête judiciaire pour homicide involontaire. Deux policiers ayant participé à l'interpellation et quatre secouristes présents sur les lieux ont été inscrits au registre des personnes mises en cause. Une autopsie a été ordonnée afin d'établir la cause exacte du décès : immobilisation en position ventrale, pression exercée sur le corps, gaz poivre, problème de santé préexistant, ou combinaison de ces facteurs.

La famille du défunt, par la voix de son avocat Fabio Anselmo, réclame « la vérité et la justice ». Sa sœur Khadija a déclaré : « Ils ont tué mon frère de sang-froid. Le Maroc, son pays, ne doit pas laisser sa mort rester impunie. »

Le Maroc demande une enquête exhaustive

L'ambassade du Maroc en Italie a indiqué suivre cette affaire « depuis les premiers instants et avec la plus grande attention et une profonde préoccupation ». Le consulat général a été chargé d'apporter à la famille tout le soutien moral et l'assistance consulaire nécessaires, tout en maintenant un contact permanent avec les autorités judiciaires italiennes.

L'ambassadeur du Royaume, Youssef Balla, a pris la parole publiquement : « L'intérêt de tous est que toute la lumière soit faite sur ce drame, en établissant avec rigueur, impartialité et transparence l'ensemble des circonstances des faits. » Rabat a officiellement appelé à une enquête « exhaustive », signifiant que le Maroc n'entend pas laisser cette affaire sans suite diplomatique.

Meloni brise le silence, l'Italie divisée

Face à l'ampleur de l'émotion, la Première ministre italienne Giorgia Meloni est intervenue mardi. Dans un message publié sur le réseau X, elle a qualifié les faits d'« inacceptables » et réclamé que toutes les responsabilités soient établies : « La vérité doit être recherchée jusqu'au bout, sans préjugés ni complaisance pour quiconque. » Le ministre de l'Intérieur Matteo Piantedosi a rappelé que « personne n'est au-dessus des lois ».

À Bologne, plusieurs milliers de manifestants sont descendus dans les rues pour réclamer justice. Des affrontements avec les forces de l'ordre ont fait 64 blessés parmi les policiers et 11 parmi les manifestants. Des appels à manifester ont été lancés à Milan, Florence et Naples. La famille, par la voix de son avocat, a pris ses distances avec les violences, rappelant qu'elle ne réclame que la vérité.

Un drame qui dépasse les frontières italiennes

Dans l'opinion publique marocaine, cette affaire a suscité une vive émotion. Au-delà des responsabilités individuelles que la justice italienne devra établir, elle pose une question plus large : celle du traitement réservé aux ressortissants marocains en Europe et de la protection effective de leurs droits fondamentaux. Le Maroc, en exigeant transparence et rigueur dans cette enquête, affirme son rôle de défenseur de ses citoyens à l'étranger, quelle que soit leur situation.

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