Quel monde pour demain ? Le point de vue d'El Mehdi TALIB

El Mehdi TALIB est un médecin gastro-entérologue belgo-marocain. Originaire d'El-Jaddida, à 96 km de Casablanca. Aorès des études à Starsbourg, ce médecin exerce aujourd'hui à Bruxelles. Mais ce belgo-marocain a plusieurs cordes à son arc de compétences. Il s'intéresse aussi à la géo-politique. C'est avec ce regard qu'il vient de publier un très long article sur le thème "Quel monde pour demain ?" sur le site d'information en ligne Eu-Briefs. Le texte est très long, nuances de l'analyse obligent. C'est pourquoi nous n'en diffusons qu'un résumé et vous invitons à le retrouver en intégralité sur le site d'origine.

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L’équilibre de l’ordre mondial n’a jamais été aussi instable que depuis la fin du dernier siècle. On dirait que l’histoire de l’homme s’accélère, en phase avec l’accélération du progrès technologique. La mondialisation a ouvert une voie rapide à l’émergence de plusieurs puissances. Le système de polarité est devenu très changeant.

Ainsi, la fin du système bipolaire, où USA et URSS œuvraient comme les deux seules puissances capables d’imposer un état de recouvrement (overlay) à tous les autres pays qui n’avaient d’autres choix que s’allier à l’une d’elles, a laissé champ libre aux États-Unis comme seule puissance dans un système devenu unipolaire depuis la dislocation du bloc Soviétique. Le maître du monde domine les institutions internationales et décide seul de l’action à mener : première guerre du Golf, guerre du Kosovo, intervention en Afghanistan, deuxième guerre du Golf, sanctions contre l’Iran et la Corée-du-Nord.

(...) Il n’est pas inutile de rappeler que la puissance s’exerce à trois niveaux : le niveau militaire, le niveau économique et le niveau des relations internationales. Ce dernier concerne la gestion des problèmes liés à la migration, la drogue, le terrorisme et les pandémies. C’est notamment à ce troisième niveau qu’une puissance peut faillir, car la gestion de ces problèmes demande une intelligence (smart power) dans la combinaison entre la puissance douce (soft power) et la puissance dure (hard power). Une puissance qui use du soft power pour gérer ces problèmes, aura un résultat à somme positive, car une diplomatie bien menée fait gagner toutes les parties. À l’inverse, si elle use du hard power, elle aura dans le meilleur des cas un résultat à somme nulle, avec un gagnant et un perdant, et dans le pire des cas un résultat à somme négative où toutes les parties seront perdantes.

(...) Grâce à leur force militaire et économique, les Etats-Unis restent la nation la plus puissante du monde, mais comme le souligne Christian Chavagneux dans ‘Économie politique internationale de 2004’ : « ils profitent de la mondialisation mais ne la contrôlent pas ». Ce propos se confirme largement, car pendant que les Etats-Unis se détournent de l’essentiel, en menant une guerre en Afghanistan et en Irak, d’autres états profitent de l’occasion pour occuper le vide économique et stratégique, notamment les pays de l’Asie, dont la production représente désormais plus de la moitié de la production mondiale.

Alors que la vision occidentale est une vision binaire qui voit le monde en bien et mal, les Chinois s’adaptent aux situations et surfent sur la vague, en se montrant tantôt faibles tantôt forts, tantôt passifs tantôt actifs : c’est le principe du Yin et du Yang qu’on trouve dans la stratégie de ‘l’art de la guerre’ de Sun Tzu (500 av. J.-C.), que Mao a repris dans son livre intitulé ‘l’art suprême de la guerre’. Ce principe vise à soumettre l’ennemi sans combat : « la guerre repose sur le mensonge ; capable, passez pour incapable ; prêt au combat, ne le laissez pas voir ; proche, semblez donc loin ; loin, semblez donc proche. Attirez l’adversaire par la promesse d’un avantage ; prenez-le au piège en feignant le désordre ; s’il se concentre, défendez-vous ; s’il est fort, évitez-le ».

A côté de l’émergence de l’Empire du milieu, on note également, mais dans une proportion moindre, l’émergence d’autres puissances [L'union Européenne, Russie,Inde, Japo, Brésil , Turquie]

(...) L’émergence rapide de toutes ces puissances est une conséquence de la politique interventionniste des États-Unis. Parmi ces puissances, seule la Chine se positionne en qualité de ‘peer-competitor’, c’est-à-dire la seule capable de rivaliser pour devenir l’hégémon mondial. (...) En réalité, la Chine ne limite pas sa vision hiérarchique à sa propre société, mais voit le monde entier comme une pyramide dont elle est le sommet et les autres états ses partenaires. A l’inverse, l’Occident a une vision polaire du monde (balance of Power).

(...) Un système bi-multipolaire est désormais déjà en place, avec deux super-puissances : américaine et chinoise, suivies de quatre grandes puissances qui sont la Russie, l’Inde, l’Union Européenne, et le Brésil. Ce système reste en équilibre très instable, car, en raison de la proximité de puissance des deux belligérants, chaque état pourrait être tenté de déclencher une guerre, s’il voit une chance de la gagner. La différence entre le dualisme USA-URSS et celui USA-Chine, est que le premier était sous forme d’une puissance maritime contre une puissance terrestre, tandis que dans le second, les deux puissances sont maritimes et se battent pour les mêmes sphères d’influence.

(...) Le multilatéralisme serait la seule voie en mesure d’affronter des problèmes de plus en plus fréquents, de type pandémiques, climatiques, économiques et sécuritaires. En attendant, l’unilatéralisme actuel fragilise les alliances et aboutit à un multilatéralisme à géométrie variable, comme les groupes informels de contact, à titre d’exemple, les contacts entre les différents laboratoires de recherche dans le cadre du Covid-19, ce qui en soi pourrait s’avérer positif.

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