"Shajara", une création musicale pour rappeler l'importance des arbres

En arabe Shajara signifie arbre. Avec ce nom, on trouve au coeur de la création musicale de Yann-Gaël Poncet, la volonté de rappeler "l'importance de l'arbre dans un monde qui se désertifie".

Le célèbre photographe Yann Arthus-Bertrand a donné accès à toutes ses banques d’images, issues des documentaires de sa série Vue du ciel  ainsi que d'autres vidéos inédites pour accompagner en images Shajara, une création musicale signée du violoniste, chanteur et compositeur Yann-Gaël Poncet. Elle a été jouée pour la première fois le 2 août à la Chartreuse d’Aillon au cœur du Parc naturel régional du Massif des Bauges (Savoie) avant une tournée en Europe et dans les pays du Maghreb.

Sur scène, six musiciens et le chanteur-poète tunisien Mounir Troudi, grande voix du monde arabe, qui interprète un texte d'un poète soufi du Moyen-Age parlant "d'amour et et de la fusion entre l'espace et l'homme". Durant le concert, les images de Yann Arthus-Bertrand - notamment celles tournées au Maroc et en Algérie - sont projetées sur un écran de huit mètres.

Si Yann Arthus-Bertrand a accepté de participer à cette création, ce n'est pas un hasard. Car au-delà de l'aspect musical, il y a un engagement de Yann-Gaël Poncet lié à la protection de la nature. 

Musique, écologie et humanisme

Le musicien est un militant de la cause environnementale. A la question : "Comment changer le monde à mon échelle ?", il a répondu en musique avec un concept, les Transcontinentaux (TNL's). Son objectif : aller à la rencontre des cultures traditionnelles et de communautés peu médiatisées pour créer des spectacles associant les musiciens des pays concernés.

TNL's, c'est devenu une famille de projets qui regroupe désormais trois créations. La première, baptisée Calypso et lancée en 2011 était consacrée au Costa Rica. La seconde, Charango (2014), se concentrait sur les problèmes de la communauté andine en Argentine et la troisième Shajara entend participer à la lutte contre la désertification dans le monde et notamment au Maghreb (90% des terres du Maroc, 75% de celles de la Tunisie sont menacées).

Chaque fois, le processus de création est le même : violon à la main, Yann-Gaël Poncet réalise un voyage d'immersion dans le pays choisi, pour rencontrer, échanger et collecter des sons et des images. Vient ensuite le travail d'écriture à partir de ces échantillons. Il aboutit à la création d'un spectacle vivant qui incarne la rencontre de l'électro-jazz et de la musique traditionnelle. "C'est une musique moderne qui naît de ce qu'on est allé chercher sur le terrain" dit volontiers Yann-Gaël Poncet