La Montagne des Singes : 50 ans d'émotions franco-marocaines

Le parc animalier "La montagne des singes", situé dans la commune de Kintzheim en Alsace, fête ses cinquante ans d'existence. Dans cet espace de 24 hectares, ouvert en 1969, on peut observer plus de 240 magots ou macaques de Barbarie, importés depuis le Moyen-Atlas (Maroc), la plus grande réserve au monde. Le Consulat général du Royaume du Maroc à Strasbourg est partenaire de cette fête anniversaire, notamment pour la journée du 7 juillet consacrée au Maroc.

Le magazine Tel Quel daté du 4 juillet 2019 rappelle fort à propos que "depuis 1990, près de 65% des singes magot ont disparu du Moyen-Atlas, la plus grande réserve au monde. La survie de cette espèce au niveau mondial est aujourd'hui menacée. En cause : le tourisme, la déforestation, mais également le braconnage et le commerce illégal."

Près de 65 % des spécimens ont disparu depuis 1990 dans le Moyen-Atlas. Si rien n’est fait, il n’y aura plus de singes magot d’ici quinze ans au Maroc alors qu’il fait partie du patrimoine immatériel international et participe à la protection des forêts”Faical Boutlib est l’un des fervents défenseurs du magot, ou Macaca Sylvanus, la seule espèce de macaque présente en Afrique. Président de l’Association marocaine pour la protection du patrimoine et du singe magot, ce docteur en primatologie a fait de la survie de cette espèce son cheval de bataille.

Aujourd’hui, il ne reste plus que quelque 5.000 spécimens au Maroc, selon les chiffres du Haut Commissariat des eaux et des forêts. Leur présence est notamment significative dans le Moyen Atlas, plus au nord dans le Rif, et de manière plus anecdotique dans le Haut Atlas. Le Maroc est le pays qui détient la plus grande réserve de spécimens au monde, même s’il en existe encore à l’état sauvage en Algérie, dans les massifs de Kabylie. Quelques singes magot vivent également à Gibraltar, où ils ont été introduits d’Afrique du Nord et constituent aujourd’hui une célèbre attraction touristique. (voir plus ici)

Le royaume du Maroc a mis en place un plan de « réhabilitation et de reconstitution des habitats » de l’animal. Objectif : reboiser et régénérer les espèces d’arbres dans les zones où vivent ces macaques, mais aussi interdire l’élevage de ce singe. Ces mesures s’accompagnent d’opérations de sensibilisation pour « faire respecter les lois de protection de la faune sauvage » sur place, a indiqué Violeta Barrios de l’UICN Méditerranée. Notamment auprès des touristes et des élèves des écoles locales.