Hassan Hajjaj, figure de proue du pop art marocain

Une nouvelle génération d'artistes, de créateurs et d'activistes marocains et étrangers a décidé de transformer la médina de Marrakech en un creuset de création. Hassan Hajjaj, certainement le plus emblématique d’entre eux – surnommé le « Andy Warhol de Marrakech » pour sa démarche pop’art – a grandement contribué à faire connaître la médina avec ses photographies colorées et jubilatoires, et en l’inscrivant comme l’une de ses principales sources d’inspiration.

Le travail d'Hassan Hajjaj a tellement été comparé à celui d’Andy Warhol que Rachid Taha l’a surnommé Andy Wahloo. Des pagnes africains, des boites de conserves, des logos et monogrammes détournés, des couleurs explosives et une composition de portraits tirant consciemment sur le kitsch, la pop culture : voici l’univers qu’a imaginé Hassan Hajjaj, une des figures majeures de l’art contemporain marocain actuel, au-delà des clichés exotiques ou stigmatisants auxquels le Maghreb doit encore faire face.

Tout ce qu'il crée renvoie à une image à la fois traditionnelle et moderne, étendard d'un Maroc qui évolue dans la mondialisation sans perdre ses repères. « Je suis très fier de pouvoir présenter mes œuvres à la fois sous la bannière arabe mais également africaine. Je voudrais que l'Afrique du Nord reconnaisse son africanité et que l'Afrique accepte l'Afrique du Nord comme faisant partie d'elle », avance Hassan Hajjaj. L'Afrique, l'artiste la vit dans sa chair. « L'artiste africain doit toujours plus faire ses preuves que l'artiste occidental parce qu'il reste toujours perçu comme « africain » au lieu d'être perçu tout simplement comme un artiste. Or, pour devenir un artiste international, il faut d'abord faire ses preuves en Occident, c'est triste, mais c'est comme ça… », indique-t-il.