Hamza Al-Farissi, un défenseur du rap francophone

Le chanteur belge d'origine marocaine se gausse des étiquettes musicales et géographiques et entend bien défendre le rap à la française, notamment en Afrique.

Son nom ne dit peut-être encore rien au grand public, et pourtant, Hamza - 24 ans - cumule des millions de vues sur YouTube depuis les sorties remarquées de ses mixtapes, H24, en 2015, et 1994, dévoilée deux ans plus tard. Hip-hop, rap, R&B, dancehall, chant… C'est sans doute grâce à son mélange retors de styles que ce caméléon parvient à faire l'unanimité, tant du côté de la critique (de niche) que du public. Un melting-pot qui lui permet d'ailleurs de toucher un auditoire aussi métissé que sa musique.

Hamza, de son nom complet Hamza Al-Farissi, est né le 1er août 1994, il a grandi à Laeken dans la région de Bruxelles. Il débute dans le rap accompagné Triton et MK. À eux trois, ils forment le groupe Kilogramme Gang. Leur projet intitulé Gotham City Vol. 1 est dévoilée peu de temps après leur dissolution. À l’époque, c’est Hamza qui composait les prods pour le groupe. Il raconte d’ailleurs avoir utilisé dans le temps le logiciel FruityLoops. Il se lance dans une carrière solo en 2013 avec un tout premier opus nommé Recto Verso. Par la suite, après un long passage à vide, Hamza fit la rencontre de Dakose. Ce dernier lui a permi d’enregistrer de nouveau. Il devint également son manager.

Sa carrière décolle le 11 mai 2015 avec la mixtape H-24. Le succès d’Hamza dépasse les frontières belges, ce dernier commence se faire connaître notamment en France. Un peu plus d’un an après, le 24 juin 2016, son projet Zombie Life est dévoilé. La même année, il sort son EP, New Casanova, aux sonorités dancehall. Et pour finir en beauté il dévoila le 24 décembre 2016 la mixtape Santa Sauce (père noël Sauce en français) accessible gratuitement sur son Soundcloud.

Pour son retour en 2017, Hamza passe à la vitesse supérieure. Il dévoile les titres Destiny’s ChildGodzilla ainsi que Vibes. Ces trois sons figurent d’ailleurs sur sa mixtape 1994 produite par Ponko. Un projet ayant retenti dans l’ensemble du rap francophone récompensé par un single d’or pour le titre Life. Après avoir surfé sur la vague du succès, SauceGod revient sur le devant de la scène avec son tout premier album studio. Un opus intitulé Paradise enregistré aux États-Unis dans la ville de Los-Angeles.

Une promotion du rap francophone

Si la presse spécialisée aime le présenter comme l'une des dernières sensations du rap belge, Hamza Al-Farissi s'en défend. Sans bouder la scène qui l'a vu naître, celui qui a commencé à bricoler des sons en écoutant 50 Cent dans sa chambre à 14 ans seulement, revendique avant tout le rap francophone en faisant fi des frontières. « Aujourd'hui, on m'écoute aussi bien en Belgique qu'en France, mais aussi en Afrique subsaharienne, comme au Sénégal, en Côte d'Ivoire ou encore au Congo, et bien sûr, au Maghreb », se félicite-t-il.

L'Afrique du Nord est d'ailleurs la nouvelle destination paradis du producteur. Le titre éponyme de son nouvel essai a été tourné à Marrakech, entre une palmeraie et une villa. Un « retour aux sources nécessaire » pour Hamza qui a perdu son père en octobre 2018. « Je n'étais pas allé au Maroc depuis plus de dix ans. J'en ai profité pour visiter Nador, au nord, d'où est originaire mon père, et passer du temps avec ma famille, mes amis… avant le tournage », précise cet amateur de la scène rap locale qui cite parmi ses références deux princes de la trap marocaine, El Grande Toto et Issam, ou encore le duo de hip-hop originaire de Casa, Shayfeen.

« Le rap bouge au Maroc. Il y a plein de jeunes talents. Jusqu'à présent, ils manquaient de visibilité parce qu'ils n'avaient pas accès aux plateformes comme Spotify, mais tout cela se met en place progressivement », observe celui qui compte bien déverser son flow noyé dans l'auto-tune sur des scènes en Afrique. À commencer, bien sûr, par le pays du couchant lointain. « C'est en préparation, j'ai eu des propositions. Je commencerai par des concerts et showcases au Maroc, et ensuite j'enchaînerai ailleurs », prévient-il, non sans fierté.