Hamdi Bennani, un des meilleurs ambassadeurs de la chanson Malouf nous a quittés

Le chanteur Hamdi Bennani, surnommé "l’ange blanc" décédé lundi matin à l’âge de 77 ans fut un des meilleurs ambassadeurs de la chanson Malouf et de la musique andalouse sur la scène internationale.

Hamdi Benani3 est né à Annaba le 1er janvier 1943. Son oncle était le grand maître du malouf, M'hamed El Kourd, l’encourage, ayant remarqué sa capacité d’interprétation des chansons et sa voix. Il remporte d’ailleurs un premier prix de la chanson à l’âge de 16 ans. Le public le découvre pour la première fois en 1963 quand il interprète d’une manière remarquable le titre Ya Bahi El Djamel, ce qui contribue à la concrétisation publique de sa carrière en tant que violoniste et chanteur.

Hamdi Benani réussit à apporter un nouveau souffle à la musique Malouf et une certaine vivacité avec ses titres Mahbounati ou encore Adala Ya Adala, ce qui lui vaut un large succès auprès du public. Cette reconnaissance le hisse au niveau de ses maîtres aînés Hassen El Annabi, Mohamed Tahar Fergani et Abdelmoumène Bentobal On compte bon nombre d’albums enregistrés comme Ya Ahl Ellil Tahya BikoumBahi El DjamelMin Chit Frikitti et Achiq El Mahboub Dar El Hiba.

Surnommé « l’ange blanc » car il ne se sépare jamais de son violon blanc, Hamdi Benani est une figure incontournable du paysage culturel et musical algérien et maghrébin.

Hamdi Benani est connu pour avoir révolutionné ce genre musical en introduisant des instruments nouveaux et des influences d’autres musiques au malouf ancestral. Il l'a en quelque sorte démocratisé en y ajoutant des instruments modernes et des thématiques nouvelles dans les textes.

Un hommage unanime

Compagnon de route du défunt artiste pendant près de 60 ans, le chanteur également annabi Ayachi Dhib assure que Mohamed Cherif Bennani alias Hamdi Bennani avait "réussi à marier dans sa musique authenticité et modernité".

Visiblement très ému, il a déclaré que "le défunt a su respecter les règles de base de l’art andalou authentique en exécutant les diverses Nouba tout en s’ouvrant aux autres tonalités de sorte à développer un style à part à la fois authentique et moderne qui lui avait permis de représenter l’art andalou à l’échelle nationale et internationale".

Selon le témoignage du même artiste, Bennani qui avait côtoyé les maîtres du Malouf que furent El Kourd, Hassan El Annabi, Cheikh Triki, Mohamed-Tahar Fergani et bien d’autres était "un passionné des Nouba authentiques exécutées à l’Oud et au violon également ouvert aux potentialités des sonorités des nouveaux instruments modernes dont la guitare basse par lesquelles il a pu conquérir une vaste audience nationale et internationale".

Bennani, ajoute-t-il, a débuté son parcours artistique à l’orchestre de la musique et de la chanson Malouf Hassani El Annabi créé en 1970 par la commune d’Annaba avec lequel il était parvenu à se distinguer lors d’un concert animé à Alger en présence du défunt président Houari Boumediene.

Pour cheikh El Ayachi, le chanteur des mythiques tubes "Ya bahi El djamel", "Ouyoun lahbara" et "Djani ma djani" qui conserveront son empreinte singulière a toujours su apporter généreusement la joie aux cœurs des mélomanes.

De son côté, le directeur de la maison de la culture "Mohamed Boudiaf", Rachid Saïdi, a confié que le défunt Bennani était connu pour "son humilité et son encouragement aux jeunes talents qu’il accueillait toujours dans le bureau de l’Union des artistes d’Annaba qu’il tenait à la maison de la culture".

Rédha Arfaoui, jeune chanteur du genre chaabi, assure aussi que le défunt tout comme son fils Kamel ouvrait constamment les portes de son studio à Annaba aux jeunes artistes qui désirent sortir leurs albums.Hamdi Bennani est décédé lundi matin à l’hôpital Ibn Sina d’Annaba à l’âge de 77 ans. Il a été inhumé après la prière d’El Asr au cimetière familiale de Sidi Aïssa dans la ville d’Annaba.