Dialogue de part et d'autre de la Méditerranée

«Beyond Borders»: des œuvres de la collection de la Banque européenne d'investissement et du monde arabe sont regroupées à la Fondation Boghossian de Bruxelles. Artistes «occidentaux» et «orientaux» sont mis en parallèle, en confrontation, avec la volonté de provoquer un dialogue de part et d'autre de la Méditerranée. 

Les frontières sont une donnée incontournable du monde géopolitique contemporain. Elles servent aussi de leitmotiv à l'exposition «Beyond Borders», organisée à la Villa Empain de Bruxelles autour d'un dialogue entre une partie de la collection de la Banque européenne d'investissement et d'œuvres du monde arabe. 

«Les frontières délimitent un territoire, un espace. Elles peuvent être physiques mais aussi abstraites. Fermées, elles peuvent être transgressées. Perméables ou imperméables c'est selon l'usage qu'on en fait», indique la Tunisienne Michket Krifa, curatrice indépendante et commissaire invitée de l'exposition «Beyond Borders». 

Depuis l’Antiquité, la frontière suscite des questions liées aux thématiques d’intérieur et d’extérieur, d’identité et d’appartenance. Le territoire europeen compte une centaine de frontières. Et si certaines figurent parmi les plus anciennes au monde, a l’instar des lignes qui distinguent l’Espagne du Portugal, la moitié sont très récentes et certaines belligènes, ou en passe d’être redéfinies. A l’heure du Brexit, comment ne pas tenir compte dans la programmation de la Fondation Boghossian de la question des frontières intérieures et extérieures de l’Europe, particulièrement déterminante aujourd’hui ?

Delphine Munro, curatrice de la collection d'art de la Banque européenne d'investissement (BEI) et commissaire principale apporte son éclairage: «Les frontières sont des lignes de démarcation qui fixent un cadre. Géographiques elles sont aussi le cas échéant historiques, voire culturelles.» L'exposition a choisi le parti pris de la confrontation ou du dialogue d'idées. Un échange mis en scène par les deux commissaires: les œuvres d'artistes européens viennent se frotter à celles d'artistes du Moyen-Orient et du Maghreb. 

"Qui a intérêt aux frontières ? Les rois. Diviser pour régner. Une frontière implique une guérite, une guérite implique un soldat. On ne passe pas, mot de tous les privilèges, de toutes les prohibitions, de toutes les censures, de toutes les tyrannies."  (Victor Hugo)

La problématique des frontières est au cœur de la mission de la Fondation Boghossian, qui a pour vocation de rapprocher les peuples par le biais de la culture. C’est à ce titre que la Fondation présente l’exposition Beyond Borders à la Villa Empain.

L’exposition réunit trente-sept artistes contemporains de renommée internationale, provenant de la scène européenne mais également du monde arabe, dans un vis-à-vis autour de la notion de la frontière et de ses représentations.

Elle s’articule autour d’une sélection d’œuvres d’artistes européens, issue de la collection de la Banque européenne d’investissement réalisée par Delphine Munro et mise en vis-à-vis d’œuvres d’artistes originaires du Moyen-Orient et du Maghreb, sélectionnées par la commissaire Michket Krifa.

Depuis l’Antiquité, la frontière suscite des questions liées aux thématiques d’intérieur et d’extérieur, d’identité et d’appartenance. Le territoire europeen compte une centaine de frontières. Et si certaines figurent parmi les plus anciennes au monde, a l’instar des lignes qui distinguent l’Espagne du Portugal, la moitié sont très récentes et certaines belligènes, ou en passe d’être redéfinies. A l’heure du Brexit, comment ne pas tenir compte dans la programmation de la Fondation Boghossian de la question des frontières intérieures et extérieures de l’Europe, particulièrement déterminante aujourd’hui ?

Visions politiques ou poétiques de la frontière, expériences esthétiques, œuvres à la charge symbolique, démarches protéiformes, l’exposition explore le dialogue qui se noue entre les œuvres d’artistes tels que Anish Kapoor, Rebecca Horn, Mounir Fatmi, Jan Fabre, Ali Cherri, Anri Sala, Wael Shawky ou encore Jannis Kounellis.

Un message avant tout «humaniste»

La Villa Empain – symbole de premier ordre de l'Art nouveau bruxellois des années 1930 et désormais siège de la Fondation Boghossian – offre avec ses larges volumes et espaces lumineux, un écrin parfait pour un exercice artistique que tant Delphine Munro que Michket Krifa veulent avant tout «humaniste». Même si le regard de certains artistes invités est particulièrement engagé. 

L’exposition réunit trente-sept artistes contemporains de renommée internationale, provenant de la scène européenne mais également du monde arabe, dans un vis-à-vis autour de la notion de la frontière et de ses représentations.

Elle s’articule autour d’une sélection d’œuvres d’artistes européens, issue de la collection de la Banque européenne d’investissement réalisée par Delphine Munro et mise en vis-à-vis d’œuvres d’artistes originaires du Moyen-Orient et du Maghreb, sélectionnées par la commissaire Michket Krifa.

Visions politiques ou poétiques de la frontière, expériences esthétiques, œuvres à la charge symbolique, démarches protéiformes, l’exposition explore le dialogue qui se noue entre les œuvres d’artistes tels que Anish Kapoor, Rebecca Horn, Mounir Fatmi, Jan Fabre, Ali Cherri, Anri Sala, Wael Shawky ou encore Jannis Kounellis.

Le catalogue qui accompagne l’exposition comporte un ensemble de photographies des œuvres et les biographies des artistes exposés.

Delphine Munro, en revenant sur la thématique centrale de l'exposition «Beyond Borders» souligne le rôle de la collection de la BEI. «L'Europe qui s'agrandit laisse aussi apparaître de nouvelles frontières. L'art peut aider à comprendre la situation géopolitique du monde, avec ses valeurs elle peut contribuer à transformer la société. En proposant des moments d'élégance artistique mais aussi de réflexions.» A quoi Michket Krifa rajoute: «Chaque artiste est libre d'apporter son questionnement, son approche allégorique.»

L'exposition «Beyond Borders», au-delà de son message humaniste cher à la fondation de Jean Boghossian qui accueille les artistes et leurs œuvres d'horizons divers, envahit l'ensemble des somptueuses pièces de la Villa Empain pour présenter un large panorama de la création contemporaine.

Exposition «Beyond Borders jusqu'au 24 février à la Villa Empain, 67, Avenue Franklin Roosevelt, B-1050 Ixelles (Bruxelles).
https://www.villaempain.com/expos/beyond-borders/

 

En savoir plus: 

La Fondation Boghossian ou l'art de rapprocher l'Orient de l'Occident 

En lançant en 1992 sa fondation, Robert Boghossian, joaillier libanais d'origine arménienne, veux venir en aide aux jeunes d'Arménie et du Liban. Jean Boghossian, est né en 1949 à Alep, a grandi au Liban et vit aujourd'hui en Belgique. L'artiste préside aujourd'hui la fondation. «Cette fondation est une absolue nécessité dans notre volonté de rapprocher les deux cultures, de l'Orient et de l'Occident.» Une mission qui se traduit par l'organisation à la Villa Empain d'Ixelles de concerts, expositions, conférences et autres formes de dialogues. «C'est un rêve fou, je l'admets, mais il faut avoir des rêves assez grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on veut les poursuivre», lance Jean Boghossian. «Face aux problèmes du monde contemporain, l'art peut apporter des réponses que la politique, la religion, l'intégrisme ne peuvent trouver», explique l'artiste mais aussi président actuel de la Fondation Boghossian. «Mon travail est humaniste, je suis engagé dans l'art, je ne suis pas dans l'art engagé.»