"Aux vagabonds l'immensité", la Nuit tragique des paras anti-arabes à Metz du 23 juillet 1961 mise en roman

Le 23 juillet 1961 est une nuit de représailles, une nuit où les chiens sont lâchés à Metz. On lui donnera plus tard le nom de «Nuit des paras».

Pendant quelques heures, Metz a été mise à feu et à sang par un régiment de parachutistes qui s'en est pris aux personnes d'origine maghrébine. A Metz comme ailleurs, la guerre d’Algérie résonne, Français et Arabes s’observent avec méfiance dans un climat de tension raciale constante. A Metz peut-être un peu plus qu'ailleurs, car le général de Gaulle vient de rapatrier sur Metz et sanctionner un régiment de parachutistes qui faisait dissidence à sa politique en Algérie. Et cette nuit du 23 juillet se joue le destin des anonymes sur lesquels l'écrivain Pierre Hanot a décidé de se pencher.

C'est grâce au Collectif Juillet 1961 qui, dans la capitale Lorraine, milite pour le souvenir de cette date dramatique que Pierre Hanot a eu l'idée de ce livre et qu'il a trouvé des informations historiques lui permettant de construire la trame de son roman. L'auteur remercie d'ailleurs deux membres amis de Maglor et membres du Collectif, Yvon Schléret et Marie Bragard, et à travers eux l'ensemble des adhérents du collectif.

Pierre Hanot est né en 1952 à Metz. Enfance heureuse malgré la polio qui lui laissera des séquelles à une jambe, adolescence plus tourmentée durant laquelle la découverte des surréalistes sera son Mai 68. Tour à tour poète, maçon, routard, professeur d'anglais, song-writer, chanteur et guitariste, il prend dans les années 70 la musique en otage, accompagné par son groupe, le Parano Band. Suivront trente-cinq années d'aventures rock'n'rollesques et de concerts dont plus de 200 dans la plupart des prisons françaises, démarche hors normes qui impacte son funk-blues et forge sa poésie urbaine.

Homme de conviction, il relate en 2005 cette expérience unique dans Rock'n taules, récit salué par la critique unanime. Se consacrant dès lors au roman, il rejoint le monde du polar et du noir, lauréat en 2009 du Prix Erckmann-Chatrian pour son opus Les clous du fakir paru chez Fayard. Autre univers, l'art du collage que Pierre pratique en toute liberté, scénarisant ses œuvres au sein d'expositions événementielles et interactives.

Certes l'histoire de ce 23 juillet 1961 à Metz est romancée, mais elle permet de cultiver la mémoire de cet événement tragique. On regrettera cependant le titre qui ne veut rien dire à la mémoire des Messins et on peut s'étonner de la photo qui illustre la première page qui, elle également, n'a strictement rien à voir avec ce qui s'est passé à Metz.
Ces réserves émises, Maglor vous recommande la lecture de ce roman.