« Hshouma » : les tabous sur la sexualité au Maroc dénoncés en BD

Hshouma, signifie " honte " en dialecte marocain. Plus précisément, ce mot désigne l'ensemble des sujets tabous que l'on ne doit pas aborder en société ou en famille.

Mi-projet artistique, mi-initiative éducative, cette bande dessinée se veut une tentative d'ébrécher les tabous liés au genre, à l'éducation sexuelle, aux violences faites aux femmes. Les femmes dessinées par Zainab Fasiki peuvent sembler provocantes et fatales, parfois même sarcastiques. Nues, en lingerie ou portant le voile, en ville ou au hammam, elles se moquent d'un masculisme hypocrite et effrayé par les corps, faisant ainsi fi des canons de beauté imposés par les autres. Ces dessins sont ainsi autant de manières de célébrer les corps et leur beauté, mettant à mal un des piliers sur lequel repose nos sociétés patriarcales, autant au Maroc qu'en Europe. Outre la beauté du trait, Hshouma est un livre important, qui milite pour la libération de la femme dans le monde arabe.

Virginité, homosexualité, nudité, sexualité hors mariage… La dessinatrice Zainab Fasiki met des mots et des images sur ces thèmes tabous au Maroc, mais aussi encore en France. Dans son ouvrage "Hshouma" (éd. Florent Massot), elle célèbre la liberté et le désir, et dénonce l'hypocrisie d’une société où règne encore la culture de la honte. Sous son trait franc, la diversité des corps féminins prend chair avec son cortège de "défauts" - bourrelets, rides, pilosité -, loin des injonctions à beauté normée des magazines féminins.