Réfugiés : le Luxembourg renonce au transfert de 41 familles en Italie

Depuis le 1er juin dernier, aucune famille de réfugiés ayant demandé la protection internationale en Italie et actuellement au Luxembourg n'a été rapatriée là-bas. Le ministre des Affaires étrangères, Jean Asselborn, s'en explique.

Jean Asselborn, a expliqué ce vendredi face à la presse que depuis le 1er juin dernier, le Luxembourg s'était abstenu de renvoyer des réfugiés en Italie. Dans 41 cas, le gouvernement s'est prononcé contre un transfert. Les personnes concernées ont été autorisées à déposer une autre demande de protection internationale, au Luxembourg cette fois.

Normalement, selon la convention de Dublin, un demandeur d'asile est transféré dans le pays dans lequel il a présenté sa demande initiale s'il doit présenter une nouvelle demande dans un autre pays de l'UE. Cependant, la situation des réfugiés s'étant considérablement dégradée en Italie depuis l'accession au pouvoir de la Ligue du Nord et du Mouvement 5 étoiles, le Département d'Etat s'est abstenu pour le moment de réinstaller des familles là-bas.  

Une question d'humanité

Pour le ministre des Affaires étrangères, il s'agit avant tout d'une question d'humanité: "Je me sens mal à l'aise de renvoyer en Italie des gens qui ont traversé tant de choses".

Chaque cas est examiné individuellement et avec le plus grand soin, notamment pour des raisons de sécurité. "Nous examinons de très près le dossier de chaque demandeur, et ce sont souvent les facteurs humains qui priment pour nous."

Cependant, il est clair que le Luxembourg ne peut pas ouvrir la porte à tous ceux qui en auraient besoin: "Une telle démarche serait irresponsable, car les attaques contre ces personnes seraient énormes", estime le ministre. 

Les institutions européennes avaient pour tâche de trouver de nouvelles réponses à la question des migrations. "Le Luxembourg ne peut pas ignorer le droit européen existant", a-t-il ajouté. Quant à savoir si ces 41 cas pour lesquels le Luxembourg a renoncé au transfert vers l'Italie ne constituent pas eux-mêmes une infraction à la loi, le ministre des Affaires étrangères n'a pas été en mesure de répondre clairement.