Paradise Beach : Manifestation ce vendredi devant l'ambassade du Maroc à Londres

Ce vendredi 10 août, certains investisseurs lésés dans le cadre du projet Paradise Beach à Tanger organiseront une 9e manifestation devant l’Ambassade du Maroc à Londres et devant l’Office marocain du tourisme dans la capitale britannique. «Des dépliants seront distribués à nouveau pour mettre en garde contre les dangers d’investir au Maroc et pour réclamer justice», indiquent ces investisseurs dans un communiqué parvenu à Yabiladi.

Ils notent qu’ils seront également présents à la prochaine grande exposition d'investissement au Maroc à l'automne au Royaume-Uni et annonce qu’un nouveau débat au Parlement de Westminster serait en préparation, après celui qui a déjà eu lieu le 19 janvier 2018 et à la réunion des investisseurs avec le ministre d’Etat britannique Alistair Burt le 30 janvier dernier.

Ces MRE lésés font aussi le bilan de la manifestation du 30 juillet 2018, organisée devant le Berkely hotel, où l’ambassade du Maroc au Royaume-Uni organisait une réception à l’occasion de la Fête du trône. «De nombreuses personnalités de haut rang et fortunées séjournant à l’hôtel ou invités lors de cet évènement, interpellés et surprises par le bruit des manifestants sont venues à leur rencontre pour poser des questions. Des dépliants leur ont été distribués», précise le communiqué.

 

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Le paradis immobilier qui leur a été promis ne leur sera jamais livré. Plusieurs acheteurs anglais estiment avoir été escroqués pour le projet “Paradise Beach and Golf Resort“, présenté par ses promoteurs comme étant soutenu par le gouvernement marocain, rapporte The Telegraph.

Le projet ne concerne pas seulement des clients anglais. Comme ces derniers, des MRE ont versé des acomptes pour ce projet de 800 résidences sur la côte de Tanger. Le "Paradise Beach and Golf Resort" a été promu dès 2007 au Royaume-Uni comme un projet soutenu par le gouvernement marocain. La livraison des résidences vendues jusqu’à 15.000 dirhams le mètre carré devait avoir lieu en 2011 mais le projet a été plombé par plusieurs retards.

Neuf ans après le versement des acomptes allant de 300.000 dirhams à un million de dirhams, certains des acquéreurs anglais sont morts sans avoir vu leur résidence, d’autres, MRE comme Européens, attendent toujours. Ayant consacré plusieurs articles à l’affaire, nos confrères de Yabiladi nous apprennent que c’est un promoteur marocain, anciennement résidant en Angleterre, Larbi Tadlaoui, qui pilotait le projet via sa SARL Atlantic Beach Paradise (ABP).

Le promoteur du projet arrêté

Selon le portail d’informations marocain, 1.000 clients au total seraient concernés. 300 d’entre eux se sont constitués en collectif pour défendre leurs intérêts en manifestants devant les grilles de l’ambassade marocaine à Londres. Après plusieurs manifestations devant la représentation diplomatique du royaume, le promoteur du projet a été arrêté en février dernier pour fraude. Ce dernier aurait présenté des garanties gouvernementales via une convention signée entre sa SARL et les autorités. Convention qui a fini par convaincre les acquéreurs à verser leur acompte.

L’homme continue cependant de clamer que le projet était soutenu par le gouvernement marocain. Le Telegraph affirme avoir consulté un document autorisant la poursuite du projet sous la signature d’un projet ayant reçu un soutien gouvernemental. Selon le quotidien britannique, le document était daté de mai 2007 et paraphé par les ministres des Finances, du Tourisme et de l’Industrie de l’époque.

Dans une énième manifestation à Londres, les clients ont appelé à l’intervention du roi pour le dénouement de cette affaire. Mais un porte-parole du gouvernement marocain a confié au Telegraph que l’affaire n’avait aucun lien avec le gouvernement. Le Paradise Beach and Golf Resort "est un projet d'investissement privé dans lequel ni sa Majesté le roi, ni le gouvernement marocain, n'en font partie", a confié le porte-parole.

Ce dernier ajoute qu’il "a été clairement spécifié aux clients britanniques" que Paradise Beach n’est pas un projet gouvernemental. “Les investissements privés profitant d’une stratégie soutenue par le gouvernement ne devraient pas être interprétés comme des projets gouvernementaux".

Des différends avec la société Amendis?

De son côté, un porte-parole de Larbi Tadloui a nié les accusations portées contre lui et se retranche derrière des différends avec la société Amendis pour la livraison de l’eau pour expliquer le retard du projet.

“Ce projet est conforme aux recommandations faites par Sa Majesté le Roi Mohammed VI dans son discours pour promouvoir le tourisme et attirer les investisseurs étrangers. C’est ce que nous avons fait et les familles britanniques croyaient au projet et ont investi à travers nous", précise-t-il, tout en indiquant que Larbi Tadlaoui avait l’intention de finir le projet.

Aujourd’hui, l’affaire est au point mort. Le promoteur est écroué, les travaux sont à l’arrêt mais les clients n’excluent pas de manifester à nouveau à Londres.