Les MRE restent fortement attachés à leur pays d’origine

La Fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l’étranger (MRE) vient de publier la quatrième édition de «Marocains de l’extérieur», après les éditions de 2003, 2007 et 2013, correspondant à 2017 et réalisée en 2018. L’ouvrage, présenté lors d’une rencontre à Rabat, démontre ainsi sa régularité de parution et la constance de son travail de veille et d’observation.

Dans sa quatrième édition, l’ouvrage souligne que la communauté marocaine à l’étranger, tout en augmentant en nombre, évolue dans ses caractéristiques socio-démographiques, culturelles, économiques et politiques, mais reste fortement attachée à son pays d’origine.

Or, le Maroc, qui reste tout aussi attaché à ses ressortissants de l’extérieur, poursuit les chercheurs, a le devoir de les accompagner. Pour cela, il doit bien les connaitre et les comprendre. Et c’est le rôle que s’est donnée la Fondation Hassan II  pour les Marocains résidant à l’étranger qui, pour suivre les Marocains de l’extérieur, doit constamment renouveler cette connaissance.

Parmi les outils mis au service de cette connaissance, la série «Marocains de l’extérieur» continue son travail de description et d’analyse des principales évolutions et mutations que connait cette communauté.

La particularité de cette présente édition, explique la Fondation Hassan II, est qu’elle se distingue par un important renouvellement des contributeurs avec une forte présence des jeunes chercheurs de l’émigration.

Sur les 22 auteurs mobilisés pour rédiger les 24 chapitres, 15 n’avaient jamais participé aux éditions précédentes et ont pu, grâce à leurs différents profils et leurs approches originales, apporté un sang et un regard nouveaux à cette édition.

Par ailleurs, la moitié de ces auteurs est composée de jeunes chercheurs qui commencent à émerger et 10 parmi eux appartiennent aux jeunes de l’immigration marocaine d’Europe ou des Amériques.

La migration et le développement local et régional

Dans cette 4ème édition, le volet thématique introduit continue à s’étoffer et à traiter de thématiques transversales à toutes ces communautés afin de contextualiser les analyses par pays, analyses qui ne peuvent être bien menées si on ne tient pas compte, à la fois, des grandes évolutions que connaissent les communautés marocaines à l’étranger et les principaux progrès de la recherche scientifique dans la production d’un savoir autour de ces migrations, soulève la Fondation.

Les thèmes retenus, détaille-elle, sont ceux qui se sont imposés au cours des dernières années et qui sont liés aux évolutions récentes de la communauté marocaine à l’étranger.

C’est ainsi que les contributions de l’ouvrage traitent de sujets tel que la vieillesse en émigration, la migration féminine, la migration et le développement local et régional, l’enseignement de la langue et de la culture d’origine, le renouveau religieux et les productions culturelles et artistiques.

Dans cette ouvrage, des sujets peu traités auparavant ont été également abordés comme celui des communautés juives marocaines en Europe et dans les Amériques. Et comme en 2013, afin de situer ces résultats de recherches, un premier chapitre a été dédié à une nouvelle mise à jour sur l’état des lieux de la recherche sur les migrations marocaines.

Un flux important d’immigrés vers l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique Centrale a incidemment été observé ses dernières années. En effet, en ce qui concerne les pays étudiés dans le volet 2 de l’ouvrage, tout en reprenant les pays déjà étudiés dans les éditions précédentes, la présente édition a opté pour des essais d’approfondissement.

C’est ainsi que la situation des Marocains vivant dans les pays d’Afrique qui avait été appréhendée comme un tout dans un seul chapitre, a nécessité plus de détails par les chercheurs et analystes de l’ouvrage vu que cette migration a connu des évolutions différenciées.

Les différences fondamentales entre une migration ancienne et régionale

Dans cette 4ème édition de «Marocains de l’extérieur», deux chapitres sont consacrés à ce continent. Le premier traite de deux pays représentatifs de l’Afrique de l’Ouest, le Sénégal et la Côte d’Ivoire en tant que destinations aujourd’hui classiques et le second explore deux autres, le Gabon et la Guinée Equatoriale, qui illustrent les nouveaux foyers migratoires de l’Afrique Centrale.

On trouve aussi un chapitre couvrant tous les pays arabes de l’Algérie au Golfe persique. Forcément trop général, l’analyse se focalise sur deux ensembles de pays à savoir l’Algérie et la Tunisie pour le Maghreb et le Qatar et les Emirats Arabes Unis pour les pays du Golfe.

«Cela a permis de montrer les différences fondamentales entre une migration ancienne et régionale et une autre plus éloignée, mais plus récente. Selon les cas, les caractéristiques des Marocains, leur quotidien et leurs  perspectives d’avenir sont différents et riches d’enseignements» explique la Fondation Hassan II.

Au total, la présente livraison traite à travers 24 chapitres des cas de l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, la France, la Hollande, l’Italie et le Royaume Uni en Europe, le Canada et les USA en Amérique, l’Afrique de l’Ouest (Sénégal et Côte d’Ivoire) et l’Afrique Centrale (Gabon et Guinée Equatoriale) en Afrique subsaharienne, le Maghreb (Algérie et Tunisie) et les pays du Golfe (Qatar et Emirats Arabes Unis).

Enfin, une importance particulière a été accordée dans la 4ème édition de «Marocains de l’extérieur», au traitement cartographique pour suivre le déploiement spatial des Marocains du monde.

Pour télécharger l'étude sur le Marocains de l'extérieur, c'est ici