Les Belgo-Marocains invités par l'ambassadeur du Maroc à voter le 26 mai pour les élections européennes

"Si nous voulons construire une communauté capable de progresser dans ses actions […] il vous faut commencer à prendre part aux élections." Le quotidien belge La Dernière Heure (DH) lance un pavé dans la marre en publiant la déclaration de l'ambassadeur du Maroc en Belgique.

(DH.be) - L’ambassadeur du Maroc encourage le vote des Belgo-Marocains. À moins de cent jours des scrutins, le message n’est pas anodin. C’est même une rupture, un changement total du discours officiel.

Lors d’une rencontre organisée au consulat général du Maroc à Bruxelles avec les imams et les comités dirigeant les mosquées en Belgique, l’ambassadeur Mohammed Ameur s’exprimant en langue arabe a dit ceci (traduction) : "La semaine passée, des Marocains à Anvers m’ont avoué qu’ils préfèrent payer une amende plutôt que d’aller voter. Car, m’ont-ils dit, cela ne les concerne pas et ce n’est pas leur affaire. Ceci est une erreur. Choisissez le parti que vous voulez mais votez."

L’ambassadeur, tenu à un devoir de non-ingérence, ne donne pas de consigne ni d’indications. Mais le message est-il neutre et exempt d’arrière-pensées ? Pour le représentant de Rabat à Bruxelles, "si vous voulez être pris en considération, il vous faut commencer par prendre part aux élections en Belgique".

Pour certains observateurs comme le bloggeur Khalil Zeguendi, rédacteur en chef à Bruxelles du magazine Le Maroxellois, "jamais un ambassadeur du Maroc en Belgique n’avait dit cela. C’est un discours qui rompt totalement avec la position du Royaume du Maroc".

L’ancien roi du Maroc, Hassan II, par exemple, a maintes fois affirmé qu’il était "contre la participation des Marocains aux élections en pays étrangers", et expliqué les (ses) raisons.

En encourageant le vote des Belgo-Marocains le 26 mai prochain, l’ambassadeur M. Ameur a clairement indiqué l’objectif.

"Si vous voulez construire une communauté marocaine, une véritable communauté telle que le terme est reconnu partout, c’est par la solidarité entre ses composantes d’où qu’elles proviennent et quelles que soient leurs conditions sociales ou économiques. Sans l’existence entre ces composantes de la communauté d’un minimum de solidarité et d’actions communes, nous ne parviendrons pas à faire émerger une communauté unie et capable de progresser dans ses actions. C’est notre ambition et je suis convaincu que si nous savons comment travailler, nous y parviendrons."

Le message était délivré lors de la réception où deux femmes étaient présentes au sein d’une majorié d’hommes.