Hicham Sabil, ingénieur en France qui se rêve formateur de jeunes non diplômés au Maroc

Ingénieur en informatique, Hicham Sabil veut créer des ponts entre la France et le Maroc à travers son entreprise spécialisée. Il ambitionne notamment d’aider les jeunes marocains ayant interrompu leurs études en créant des établissements dédiés.

Hicham Sabil a suivi sa scolarité à Agadir, où il est né en 1972. Après son baccalauréat obtenu en 1990, il a déménagé à Marrakech pour intégrer la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de l’Université Cadi Ayyad.

En 1994, le département des sciences appliquées de son université a été accrédité, ce qui lui a permis d’être «sélectionné parmi 20 étudiants pour passer un examen et bénéficier d’une bourse à l’étranger, dans le cadre d’un partenariat avec l’Université Aix-Marseille II», raconte-t-il à Yabiladi en se remémorant ces années qui ont marqué un véritable tournant dans sa vie.

En 1996, Hicham Sabil s’installe à Aix-En-Provence pour des études approfondies en sciences de gestion. «Trouver le logement était difficile au début, sans parler d’un cursus quelque peu différent de la filière que je suivais au Maroc», se rappelle-t-il encore. 

Face aux difficultés rencontrées au début de son long séjour à Aix-en-Provence, Hicham et d’autres étudiants marocains se sont regrouper autour d’une plateforme pour faciliter l’intégration, «notamment l’accès à un logement dans le quartier universitaire, des cours de soutien, entre autres». Face à l’adversité, sa fibre altruiste se développe.

Après avoir obtenu son diplôme universitaire en 1997, Hicham Sabil décide d’intégrer le département informatique de l’Institut d’administration des entreprises (IAE), mais le coût élevé de ces études l’oblige à interrompre son cursus pendant un an pour travailler et rassembler le financement nécessaire.

Hicham Sabil explique à Yabiladi que par chance, tout cela a coïncidé avec la décision de Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l’Intérieur, de faciliter les procédures aux compétences étrangères pour évoluer dans le domaine de l’informatique et accéder au marché du travail. Cette mesure lui permet d’obtenir un titre de séjour permanent en France et pas seulement en tant qu’étudiant.

Une compétence au service de la jeunesse marocaine

En 1999, Hicham Sabil s’installe ainsi à Paris, où il est recruté par France Télécom. Après avoir accumulé de l’expérience, il crée sa propre entreprise en 2006, une aventure entrepreneuriale difficile parsemée d’embûches. Alors que les difficultés le font douter, il reçoit une offre d’emploi au sein de l’entreprise de services numériques Atos, dans le cadre d’un projet en partenariat avec Maroc Telecom. «J’ai accepté l’offre et j’ai intégré la filiale marocaine en 2008, m’installant à Rabat pour environ un an», nous raconte-t-il.

Bien que l’ingénieur ait eu l’intention de s’installer définitivement dans le pays à la fin du projet, il a fini par repartir en France, se disant «déçu de plusieurs choses au Maroc, que ce soit dans la façon de travailler ou par rapport au mode de vie».

Prenant un nouveau virage, il vent son entreprise à une grande enseigne et décidé d’en monter une nouvelle, spécialisée dans la finance. «J’ai commencé à travailler avec des banques telles que BNP Paribas, pour les accompagner à mettre en place de nouveaux process en phase avec l’évolution technologique», nous explique Hicham Sabil.

Mais même loin des yeux, il garde le Maroc prêt du coeur. Hicham travaille sur un projet d’établissements scolaires dans plusieurs villes marocaines. Son objectif est d’«assurer aux jeunes ayant interrompu leurs études une formation de qualité, sanctionnée par un diplôme en partenariat avec des entreprises, afin de leur permettre d’intégrer ces dernières».

«La seule exigence pour accéder à cette école est la volonté. Beaucoup de jeunes marocains sont talentueux dans différents domaines, mais les circonstances ne les ont pas aidés à progresser et nous leur tendront la main pour les accompagner dans ce sens.»

Son attachement à son pays natal l’a amené à s’engager également en politique, puisque Hicham Sabil a rejoint le Rassemblement national des indépendants (RNI). Dans ce cadre, il fait part de sa détermination à «défendre de nombreuses questions relatives aux Marocains vivant en France, notamment le droit de vote et celui de se présenter aux élections».