Avoir vingt ans, être Marocain à Nancy, et vivre pour la première fois la qualification de son équipe favorite pour le Mondial

ls étaient à peine nés lorsque les « Lions de l’Atlas » s’étaient qualifiés pour la dernière fois à un Mondial, celui de 1998. Aujourd’hui, âgés de 19 à 25 ans, les jeunes Marocains ne pouvaient pas manquer de vibrer, d’espérer, de redouter le pire en souhaitant le meilleur, avec le match de qualification pour la Coupe du monde 2018 en Russie.

Un tel événement ne se vit pas seul derrière son poste de télévision. Il se partage avec d’autres qui éprouvent la même passion et la même fébrilité. Oui mais quand on est étudiant en France, loin de sa famille et de ses amis qui sont restés au Maroc, comment faire ?

Les étudiants marocains des grandes écoles de Nancy ont pris l’initiative de se donner rendez-vous, ce samedi 11 novembre, au restaurant marocain « Chez Doummaha » pour suivre le match Côte d’Ivoire – Maroc retransmis en direct par la télévision depuis Abidjan.

Une bonne centaine d'étudiants marocains, des nouveaux arrivés à Nancy comme des anciens, a investi le restaurant marocain du Centre des Nations à Vandoeuvre-lès-Nancy. Accueillis avec plaisir par Zahra Hidara, propriétaire des lieux, ils ont pu vivre intensément 90 minutes d’émotions. Le tout avec l’organisation de l'AMGE (Association des Marocains en Grandes Ecoles).

Si le «FBP» (Football, Bière, Pizza) est une trilogie qui constitue le rituel de base de tout supporter français, les étudiants marocains de Nancy sont restés fidèles à leur culture et ont opté pour des gâteaux, du thé à la menthe et, pour certains, des tajines.

 

Le bon sens de Zahra Hidara, qui officie également à la cuisine, est incontestable. Face au match de football qui présente un enjeu sportif pour leur pays, ces jeunes sont soumis à d'intenses pressions : une énorme phase d'espoir avant la rencontre, un stress démesuré durant le match et une joie intense ou une terrible déception selon que leur équipe gagne ou perde. Toutes ces émotions et l'agitation physique qui les accompagne, nécessitent un carburant pour tenir le coup. Les glucides sont donc un bon allié pour répondre à l’événement.


Assister à un match de football c’est participer à un véritable théâtre émotionnel avec une ambiance permissive où les débordements dans l’expression de la joie ou de la colère sont tolérés. C’est un moment exceptionnel où on se laisse aller, sans aucune appréhension ni honte. Et ce samedi soir, les étudiants marocains ont hurlé de joie, ils ont tremblé, ils ont chanté, ils se sont embrassés pour se féliciter mutuellement. Khalil, étudiant à l’Ecole des mines, résume bien la situation : "On est venu avec une énorme phase d'espoir. Malgré cela, il y avait aussi des moments de stress, surtout pendant la première demie heure. Mais la joie était immense après que le Maroc ait marqué le  premier but, puis je vous dit pas le deuxième et là Hamdoulillah nous avions gagné."

Sous les regards des habitués de l’établissement et avec une musique habituelle et rituelle pour ce genre d’événement, ils ont chanté et dansé sur la piste du restaurant. Puis ils sont partis dans la joie, fiers d'appartenir au Maroc et avec une admiration pour les Lions de l’Atlas. Les organisateurs leur ont rappelé les bonnes conduites à tenir une fois dans la rue. Certains sont allés poursuivre leur bonheur rue Saint-Nicolas à Nancy, où une partie de la communauté marocaine de l’agglomération nancéienne s’était donnée rendez-vous dans la liesse.

Mohamed Labzioui