Maroc : Succès du covoiturage chez les jeunes

Le covoiturage est la nouvelle mode adoptée par de nombreux jeunes qui ne veulent plus subir l’inconfort, la cherté ou le retard des moyens de transport classiques. Loin d’être une mode éphémères, les réseaux de covoiturage se développent de plus en plus sur les réseaux sociaux et la tendance enregistre un succès retentissant parmi les étudiants et les jeunes professionnels.

(maroc-hebdo.press.ma) Flexibilité, rapidité et confort, ces caractéristiques du covoiturage séduisent de plus en plus les Marocains. En cette période de crise sanitaire due au coronavirus et avec toutes les complications qui entourent le secteur des transports en commun, principalement les moyens de déplacement entre les villes, les Marocains ont adopté cette forme participative de transport pour contourner la crise.

Groupes Facebook, applications ou sites internet, les initiateurs du covoiturage se reposent principalement sur internet pour faciliter le contact entre conducteurs et passagers. A l’abri des gares et des files d’attentes, les covoitureurs se donnent rendez-vous dans ces plateformes dédiées sur la toile, et tissent des liens amicaux à travers un déplacement à deux qui se déroule dans le respect et l’entente. “Je me suis inspiré de mon expérience en France pour créer ce groupe de covoiturage au Maroc.

En six ans d’existence, aucun mauvais retour n’a été enregistré par les utilisateurs, nous formons aujourd’hui une communauté qui connaît, adhère et respecte les conditions du covoiturage. Les personnes non-sérieuses sont facilement détectées et bannies de notre groupe”, nous déclare l’administrateur d’un groupe de covoiturage sur Facebook.

Cette communauté citée par l’administrateur du groupe se compose de 15.490 membres. Le groupe, qui a tourné au ralenti pendant la période de confinement, accueille à nouveau une centaine de publications par jour, entre les demandes ou les propositions et les témoignages favorables de personnes ayant tenté l’expérience du covoiturage. Les demandes se multiplient principalement durant cette période de Aïd Al Adha qui sera célébré le 31 juillet 2020, dans des conditions bien spéciales.

Afin de contourner la saturation et la cherté des moyens de transport pendant la fête, les covoitureurs adoptent l’approche participative du covoiturage, ils divisent les frais entre eux pour faire un voyage dans une ambiance conviviale à un prix symbolique. Malgré les avantages du covoiturage, les mesures sécuritaires de cette alternative restent moindres. L’idée de partager un trajet avec un ou plusieurs inconnus, surtout pour les grandes distances, reste dangereuse.

Dans une tentative de sensibiliser l’administrateur du groupe de covoiturage sur les dangers possibles de cette activité, le jeune n’a pas caché son inquiétude concernant les mésaventures possibles avec ce mode de transport, difficilement contrôlable. Il a ainsi appelé les responsables à l’élaboration d’un cadre juridique pour mieux cerner cette activité et préserver la sécurité de tous. De même, l’adepte du covoiturage a tenu à défendre le noble but de sa communauté, rappelant ainsi qu’aucun mauvais incident n’a été enregistré concernant la pratique au Maroc.

Au niveau juridique, rien n’interdit le covoiturage bénévole, celui-ci communément connu sous une vision morale, reposant sur le fait d’apporter une aide à une connaissance en la déposant sur son chemin. Néanmoins, la même activité devient juridiquement interdite si les interactions entre différents “conducteurs” impliquent des rémunérations. Un agrément délivré par les autorités locales est donc indispensable pour transporter des personnes contre de l’argent.