Le pape conclut sa visite au Maroc par une grande messe

Le pape François a conclu dimanche par une grande messe sa courte visite officielle au Maroc marquée par des appels pour le droit des migrants, la tolérance religieuse et la liberté de conscience, avec un avertissement contre le prosélytisme.

(AFP) - Après une première demi-journée passée avec le roi Mohammed VI, centrée sur le dialogue interreligieux, le pape s’est consacré aux minuscules communautés chrétiennes de ce pays où l’islam est religion d’État. « Continuez à vous faire proches de ceux qui sont souvent laissés de côté » comme les migrants, leur a-t-il conseillé, soulignant que l’important n’était pas d’être nombreux, mais d’illustrer les enseignements de l’Église.

« Les chemins de la mission ne passent pas par le prosélytisme, qui conduit toujours à une impasse », a fortement insisté le pape pendant une rencontre avec des représentants chrétiens à la cathédrale de Rabat. « S’il vous plaît, pas de prosélytisme ! », a-t-il martelé en sortant de son texte.

Cette remarque prend une résonance particulière dans un pays où le prosélytisme actif auprès de musulmans marocains peut valoir jusqu’à trois ans de prison.

En revanche, les musulmans ont en théorie le droit de se convertir si c’est leur propre choix, une ouverture notable par rapport à d’autres pays, comme les Émirats arabes unis, où la conversion est punie par la peine de mort.

Existence discrète

Le souverain pontife a aussi plaidé pour la liberté de culte et la liberté de conscience samedi dans un discours adressé au roi Mohammed VI. Ce dernier a pour sa part rappelé la tradition de tolérance religieuse de son pays, tout en précisant : « je protège les juifs marocains et les chrétiens d’autres pays qui vivent au Maroc ».

Le monarque n’a toutefois fait aucune référence à l’existence très discrète de milliers de Marocains convertis au christianisme qui plaident depuis 2017 pour bénéficier pleinement de la liberté de culte inscrite dans la Constitution.

Le Maroc compte environ 30 000 catholiques — dix fois moins qu’avant son indépendance, en 1956 —, quelques milliers de protestants et de juifs, ainsi que des minorités bahaïs et chiites.

Le souverain pontife a quitté le pays après la messe, célébrée 34 ans après la venue de Jean-Paul II en 1985.

Moment fort de son déplacement, une déclaration commune appelant à « préserver » Jérusalem comme « lieu de rencontre et symbole de coexistence pacifique où se cultivent le respect réciproque et le dialogue » a été signée samedi par le chef des catholiques et le commandeur des Croyants.