La bataille de Mantes-la-Jolie Par Fouad Laroui

Organisons une Marche Verte pour récupérer les Yvelines. Sinon le Polisario finira par les proclamer «territoires libérés»…

Mantes-la-Jolie est une commune française du département des Yvelines. Elle est située sur la rive gauche de la Seine à 57 kilomètres à l’ouest de Paris. Elle… Vous m’interrompez:

– Et alors? Tout cela est connu. Et d’une banalité assoupissante.

Ah bon? Eh bien, réveillez-vous car ce qui suit est moins banal. Tout d’abord, un chiffre: les Yvelines sont le département français qui compte le plus de résidents marocains: ils sont 60.000. (Et encore, on ne parle que de ceux qui y résident légalement et sont enregistrés au Consulat du Maroc.) Cela est dû au fait que les Yvelines abritent une bonne partie de l’industrie automobile française. Celle-ci alla chercher des milliers d’ouvriers au Maroc, il y a quelques décennies, et ils firent souche dans les environs à la faveur du regroupement familial. Leurs enfants ont connu des fortunes diverses, certains ont réussi, d’autres pas. Les émeutes de 1991 au Val Fourré, à l’ouest de la ville, sont encore dans toutes les mémoires.

Et voici le plus extraordinaire: cette ville que peu de gens sauraient placer sur une carte est devenue un terrain d’affrontement entre le Royaume du Maroc et le front Polisario! Dit comme ça, et vu le nombre de Marocains dans les Yvelines, on pourrait croire qu’il s’agit d’un combat opposant un éléphant et une puce. Que nenni, mon bon lecteur, que nenni! Car ledit Polisario compte trois alliés de choc: la désorganisation des Marocains, l’ignorance des autochtones (même ceux qui sont de bonne foi) et un cheval de Troie, ou plutôt un chameau de Troie, le premier adjoint du maire, qui n’est autre que le fils d’un haut responsable du Polisario –son ancien trésorier, en fait.

(Pourquoi ce monsieur fait de la politique en France au lieu de vivre sous une tente à Tindouf ou de rentrer à Laâyoune et y mener une vie paisible et prospère, voilà un mystère que je n’ai pas réussi à éclairer.)

Et c’est ainsi que de plus en plus de familles sahraouies viennent s’installer dans le coin, avec des passeports ou des cartes de réfugiés espagnols; c’est ainsi que des associations genre «Amicale des femmes sahraouies», «club des jeunes sahraouis», etc., se créent, qui vivent de subventions locales et de l’aide d’autochtones crédules qui croient avoir affaire à un petit peuple opprimé. Et que font les 60.000 Marocains des Yvelines? Rien. Ou alors, ils déplorent la situation puis passent à autre chose.

Il y a quelques semaines, je suis allé participer à un débat (organisé par Nihad, une Franco-Marocaine remarquable) à Mantes-la-Jolie. J’y ai rencontré d’anciens ouvriers marocains, dignes mais un peu fatigués, et certains de leurs enfants, intelligents, diplômés, courageux mais discriminés à cause de leur origine sociale et de la marque d’infamie attachée au Val Fourré. Les uns et les autres, ayant assez de problèmes personnels, n’ont ni l’énergie ni le temps de contrecarrer la «sahraouisation» de Mantes-la-Jolie. Pendant ce temps, l’adjoint au maire avance ses pions…

C’est pourquoi je lance ici un appel à tous les Marocains. Vite! Organisons une Marche Verte pour récupérer les Yvelines. Sinon le Polisario finira par les proclamer «territoires libérés»…