Crise entre le Maroc et l'Arabie Saoudite

Rabat a rappelé son ambassadeur en Arabie Saoudite après la diffusion par une chaîne de télévision saoudienne d'un reportage "portant atteinte à l'intégrité territoriale du Maroc". 

L’Ambassadeur Mustafa Mansouri a confirmé vendredi son rappel à un site d'information marocain. Tout en décrivant la décision de "crise passagère, il l'a expliquée par "la diffusion par Al Arabia, chaîne du pouvoir saoudien, d’un documentaire sur le Sahara Marocain dans lequel l’intégrité territoriale du royaume est mise en doute".

"Les relations entre le Maroc et l’Arabie Saoudite sont historiques et solides. Et entre les pays, il est normal que des divergences ou des différends éclatent de temps en temps", a toutefois nuancé le diplomate.

Pour sa part, le ministère marocain des Affaires étrangères n’a pas encore officiellement commenté le rappel de Mansouri.

Cependant, les médias marocains ont rapporté jeudi soir que Rabat avait décidé de se retirer de la coalition militaire dirigée par l'Arabie Saoudite mise en place en 2015 pour lutter contre les Houthis au Yémen.

Le 23 janvier, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bureita, aurait déclaré que son pays avait "changé" sa politique en matière de participation à la coalition dirigée par l'Arabie Saoudite.

Le Maroc interrompt sa participation militaire dans le conflit au Yémen

Le Maroc ne fait plus partie de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen. L'annonce a été faite ce jeudi par des responsables gouvernementaux marocains. Traditionnel allié de Riyad, les relations diplomatiques se sont tendues entre les deux pays ces dernières semaines. L'ambassadeur marocain en Arabie saoudite, actuellement au Maroc, a d’ailleurs été retenu dans le royaume chérifien.

Ce n’est pas un rappel d’ambassadeur, mais plutôt une instruction à ne pas regagner son poste précise RFI. C’est en tout cas ce que lui ont affirmé des membres du gouvernement marocain, sous couvert d’anonymat. Les relations entre le Maroc et l’Arabie saoudite se sont refroidies ces dernières semaines, avec en toile de fond les préoccupations liées à la situation humanitaire au Yémen, mais aussi le différend sur le dossier qatari.

Lors de sa dernière tournée dans les pays arabes, un mois après le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, le roi saoudien Salman ne s’était pas arrêté au Maroc, premier signe déjà de distorsion des relations pourtant si étroites entre les deux monarchies. Engagé dans la coalition menée par l’Arabie saoudite contre les rebelles houthis au Yémen depuis 2015, le Maroc avait déjà depuis quelques mois montré des signes d’un retrait progressif de ses forces militaires.

Le Maroc et l’Arabie saoudite se livrent une bataille sourde par voie médiatique interposée. Déjà, quand Ryad avait voté contre la candidature marocaine pour l'organisation du Mondial 2026, cela avait été vécu comme une trahison par les Marocains qui ont appelé, dès l'été dernier, à rompre les relations diplomatiques.

L'été dernier, alors que le roi Salman avait l’habitude de venir passer un mois, l’été, dans son palais à Tanger, son fils MBS lui avait déconseillé de le faire et le roi s’en était abstenu.

De quoi bien sûr provoquer l’ire du Maroc et signe que la crispation entre les deux pays est déjà bien engagée.