Algérie : l’ambassadeur du Maroc convoqué après des propos controversés

Lors d’une discussion avec des citoyens marocains vivant en Algérie, le consul général du royaume à Oran a qualifié le pays d’« ennemi ».

(AFP) - L’Algérie a annoncé jeudi 14 mai avoir convoqué l’ambassadeur du Maroc après une polémique déclenchée par la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo dans laquelle un consul aurait qualifié le pays d’« ennemi » lors d’une rencontre avec des ressortissants marocains. Les relations entre l’Algérie et le Maroc sont très délicates à cause du conflit du Sahara occidental et la frontière commune est fermée depuis 1994.

Le ministre des affaires étrangères algérien Sabri Boukadoum a convoqué le diplomate mercredi pour « le confronter aux propos du consul général du Maroc à Oran lors d’un échange avec des citoyens marocains », selon le ministère.

« Si elle venait à être établie », la qualification de l’Algérie comme un « pays ennemi par le consul est une violation grave des us et coutumes diplomatiques », ajoute le ministère dans un communiqué relayé via l’agence APS. Alger appelle « les autorités marocaines à prendre les mesures appropriées pour éviter toute répercussion de cet incident sur les relations bilatérales », conclut le communiqué.

« Alimenter le séparatisme »

Une vidéo massivement partagée ces derniers jours montre un homme présenté comme le consul du Maroc à Oran en train de parler à des Marocains qui protestent contre les difficultés pour rentrer dans leur pays, alors que la pandémie de coronavirus a entraîné une fermeture soudaine des frontières mi-mars. Le diplomate tente d’expliquer les difficultés rencontrées dans leur rapatriement, et on l’entend dire : « Nous sommes dans un pays ennemi, je vous le dis franchement. »

Début mai, le ministre marocain des affaires étrangères Nasser Bourita avait déploré qu’un « pays voisin continue d’alimenter le séparatisme », dans un discours cité par l’agence marocaine de presse MAP qui a précisé que ces propos faisaient référence à l’Algérie.

La question du statut du Sahara occidental oppose depuis des décennies le Maroc aux indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l’Algérie. Cette vaste étendue désertique bordée par l’Atlantique est en grande partie contrôlée par le Maroc, qui propose un plan d’autonomie sous sa souveraineté. Le Polisario réclame un référendum d’autodétermination. Les négociations pilotées par les Nations unies sont au point mort depuis plusieurs mois.

A l’occasion de l’élection en décembre 2019 du président algérien Abdelmadjid Tebboune, le roi du Maroc Mohammed VI avait appelé à tourner une « nouvelle page » dans les relations entre son pays et l’Algérie.