Acharnements espagnols contre le Maroc : le faux reportage de TV Cuatro

Décidément, l'Espagne a décidé de mener la guerre contre le Maroc. Au moins sur le plan médiatique. Une télévision de la péninsule ibérique a publié il y a quelques mois un reportage sur un trafic de psychotropes près de Tanger. Il s'averre aujourd'hui que ce reportage est un faux monté de toute pièce pour nuire au Maroc.

Un communiqué de la DGSN réfute catégoriquement les allégations mensongères contenues dans ce reportage préfabriqué. Du coup la direction de la chaîne espagnole TV Cuatro est dans l'embarras. Pour se disculper, les responsables de cette émission ont essayé de faire porter le chapeau à un intermédiaire.

TV Cuatro a diffusé un reportage intitulé "Entretien avec le Pablo Escobar du Maroc: il gagne 180 000 euros par mois avec des médicaments espagnols" (voir ici). Ce traficant vivrait près de Tanger et vend une drogue, le karkubi, avec des tranquillisants provenant du système de santé espagnol. Voici ce que dit ce pseudo-reportage :

Dans une zone en dehors de Tanger, près d'un cimetière, le narcotrafiquant nous appelle dans une maison abandonnée. " En un mois, je vends mille boîtes de clonazépan, chacune contient 36 comprimés et je vends chaque comprimé à 5 euros ", explique le roi de la drogue. Autrement dit, le trafiquant de drogue gagne 180 000 euros par mois. Le Karkubi est la drogue à la mode du pays et a été créé grâce à des tranquillisants venus illégalement d'Espagne".

La presse marocaine de ce matin décortique ce faux reportage. 

Pour Le360.ma, l’équipe de cette émission est venue au Maroc avec un scénario préétabli qui a mis la puce à l’oreille des journalistes espagnols. Ces derniers, comme leurs homologues marocains, ont refusé de participer à cette mascarade. Le journal «El Espanol» révèle que la préparation de ce «reportage» a débuté en février dernier, quand les responsables de cette émission ont commencé à chercher des personnes pouvant collaborer à l’enquête sur le trafic des psychotropes à Tanger. Ils se sont documentés sur ce sujet en consultant un article diffusé en 2013 par l’agence de presse EFE et un autre publié par «El Mundo» en 2017. Selon les informations d'«El Espanol», personne n’a voulu collaborer avec la chaîne TV Cuatro, ni les journalistes contactés à Tanger ni leurs confrères à Sebta.

Le quotidien Al Massae rapporte, dans son édition du jeudi 23 mai, qu’après l’éclatement de ce sandale, l’équipe de l’émission a essayé de faire porter la responsabilité à l’intermédiaire. Pour se dédouaner, ses responsables ont prétendu avoir versé de l’argent à la personne qui était chargée de préparer la rencontre avec le prétendu Escobar. Du coup, ils ont nié avoir payé directement l’homme qui a joué le rôle fictif du baron de la drogue dans ce scénario stupide.

Après avoir diligenté une enquête approfondie sur cette affaire, la Direction générale de la sûreté nationale(DGSN) a nié catégoriquement toutes les allégations mensongères contenues dans le reportage diffusé par ladite chaîne espagnole. Un reportage émaillé de désinformations et de déformations dans lequel on présente un gardien de voitures comme étant un baron de la drogue. La chaîne pousse l’effronterie jusqu’à affirmer que le pseudo trafiquant de psychotropes gagne plus de 180.000 euros par mois.

Le communiqué de la DGSN, qui est en fait un droit de réponse, a réfuté catégoriquement et point par point toutes les assertions mensongères contenues dans le faux reportage. Il a notamment mis l’accent sur l’interview réalisée avec le pseudo Escobar marocain, dont on a caché l’identité. La DGSN a catégoriquement réfuté les propos attribués au faux trafiquant, dans lesquels il affirme être immunisé contre toutes poursuites judiciaires. De fausses déclarations qui ont nécessité l’ouverture d’une enquête qui a permis d’arrêter le gardien de voitures qui jouait le rôle d’Escobar et un individu de la ville de Sebta qui accompagnait l’équipe qui a réalisé ce stupide et faux reportage.

En savoir plus: 

Le clonazépam (Klonopin, Rivotril) est une molécule médicamenteuse particulièrement puissante aux propriétés sédatives, hypnotiques, anxiolytiques et anticonvulsivantes de la classe des benzodiazépines, dont le risque de dépendance est très élevé.

(Extrait de la dépêche de l'agence EFE du 04/11/2013) - La drogue des pauvres au Maroc est le karkubi, une drogue psychotrope qui circule dans les quartiers les plus défavorisés, mais qui fait aussi des ravages parmi les étudiants de grandes écoles. 

Le nom familier de ces psychotropes est karkubi, mais "Cartucho", "Recarga", "Ampolla roja" ou "Guadalupe" (en référence à la série mexicaine qui a fait fureur dans la société marocaine) sont d'autres noms utilisés préciser les différentes capsules qui circulent sur le marché noir.

La bombe à retardement explose lorsque le karkubi est ajouté au "maajun", une pâte à la farine populaire mélangée à du haschisch en poudre: un voyage direct dans un "paradis" aux effets secondaires dangereux.
"Les utilisateurs de psychotropes peuvent se plonger dans les effets secondaires qui conduisent à l'amnésie, à l'automutilation et à des idées suicidaires et même meurtrières", souligne le Dr Abdelá dans un rapport du Centre spécialisé dans la toxicomanie à Casablanca. Le rapport ajoute que "l'utilisation de drogues psychotropes est étroitement liée à la misère sociale ou affective, qui transforme l'individu en animal".