L’UNESCO s’inquiète de l’état du Patrimoine mondial en péril en Libye

Le Comité du patrimoine mondial de l'UNESCO a inscrit, jeudi 14 juillet 2016, cinq sites libyens sur la Liste du patrimoine mondial en péril, s'inquiètant des dégâts déjà subis par ces sites et des risques encourus en lien avec le conflit qui affecte le pays depuis l'initiative belliqueuse et vengeresse de Sarkozy.

Les sites concernés sont : Cyrène, Leptis Magna, le Site archéologique de Sabratha, les Sites rupestres du Tadrart Acacus et l'Ancienne ville de Ghadamès.

La Libye est en proie à une forte instabilité et des groupes armés sont présents sur ou à proximité des sites en péril (Merci Sarkozy pour cette catastrophe !). La veille, la Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova, avait une nouvelle fois appelé à mettre un terme à la destruction de l'ancienne ville d'Alep, en Syrie, elle aussi inscrite au patrimoine mondial.

 

Cyrène est la plus ancienne et la plus importante des cinq colonies grecques dans la région et lui donne son nom de Cyrénaïque, qui est encore utilisé aujourd'hui. Ancien évêché, elle se situe dans la vallée de Djebel Akhdar.
Cyrène est fondée par des Grecs venus, vers 644 av. J.-C.1, de Théra (Santorin), sur les conseils de l'oracle de Delphes, conduits par Aristotélès (ou Battos Ier).

Cyrène est aujourd'hui un site archéologique près du village de Shahat. Il abrite le Temple d'Apollon qui fut construit dès le viie siècle av. J.-C.. Parmi les structures anciennes, on compte aussi un temple de Déméter et un temple encore en partie enfoui de Zeus qui fut intentionnellement détruit lors de la révolte juive de 117. Dans le temple de Zeus, envahi par les chevaux et les vaches des élevages voisins, l'archéologue Abdul Rahim Sharif veille sur les vestiges ouverts à tous les vents.

 

Leptis Magna ou Lepcis Magna était une des villes importantes de la république de Carthage. Sous Dioclétien, en 303, lors de la partition de l'Afrique proconsulaire, elle devient la capitale de la nouvelle province, la Tripolitaine. Ses ruines sont situées près de la ville actuelle de Khoms, à environ 120 km à l'est de Tripoli, sur l'embouchure de l'oued Lebda en Libye.
Embellie et agrandie par Septime Sévère, enfant du pays devenu empereur, Leptis Magna était l'une des plus belles villes de l'Empire romain, avec ses grands monuments publics, son port artificiel, son marché, ses entrepôts, ses ateliers et ses quartiers d'habitation.

 

Sabratha est une des plus importantes villes de la Tripolitaine (Afrique romaine), située dans ce qui est aujourd'hui la Libye occidentale. À l'époque antique, elle formait avec Oea et Leptis Magna un trio de villes qui a donné son nom à la Tripolitaine. Le site archéologique a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1982.
Comptoir phénicien drainant les produits de l'Afrique intérieure, Sabratha fit partie de l'éphémère royaume numide de Massinissa avant d'être romanisée et reconstruite aux IIe et IIIe siècles.

 

Le Tadrart Acacus est une zone désertique de l'ouest de la Libye, connue pour abriter un site archéologique préhistorique libyen important pour ses peintures rupestres présentant hommes et animaux, aujourd'hui disparus de cette région du Sahara. Ces figures sont datées de 12 000 av. J.-C. à 100 ap. J.-C.. Elles représentent des girafes, éléphants, autruches, chameaux, hommes et chevaux. Des figures humaines sont dessinées dans ce qui semble être des scènes de la vie quotidienne : danses, chants.... Elles nous interrogent sur les changements culturels, écologiques et climatiques qui ont affecté cette zone.

 

Ghadamès est une ville et une oasis du désert à 650 km de Tripoli, à la frontière de la Tunisie et de l'Algérie. Une des premières villes fortifiées du Sahara, son architecture est conçue pour résister au climat extrême du désert. L'ancienne ville est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1986. Elle est également connue sous le nom de « Perle du désert ».
Bâtie dans une oasis, Ghadamès, est un exemple exceptionnel d'habitat traditionnel. Son architecture domestique se caractérise par les différentes fonctions assignées à chaque niveau : rez-de-chaussée servant de réserve à provisions, étage familial surplombant des passages couverts aveugles qui permettent une circulation presque souterraine dans la ville et terrasses à ciel ouvert réservées aux femmes.