Le raï fête ses «30 ans»

Il y a 30 ans, en janvier 1986, le raï traversait la Méditerranée et arrivait d'Algérie pour faire danser la France et le monde. Un anniversaire célébré en grande pompe.

Le blues oranais, propulsé sur la scène internationale en 1986, lors de l'historique festival de Bobigny, a été célébré ce vendredi 29 janvier au Zénith à Paris. Avec Rachid Taha, Chaba Fadela, Raïna Raï, Rim'k et une kyrielle d'artistes.

En 1986, pour la première fois au monde, eut lieu un festival de dimension internationale consacré au raï. C'était à la MC de Bobigny, dirigée alors par René Gonzalez. Trois jours durant, du 23 au 26 janvier, des milliers de jeunes Français découvrirent le raï et se mêlèrent joyeusement aux fans de cette musique effrontée, qui débarquait d'Algérie où, en dix ans, elle s'était répandue « comme une épidémie ».

En juillet 1985, le Festival de la jeunesse, à Alger, avait signé l'acte de reconnaissance de l'impétueux style en programmant notamment Raïna Raï (que l'on retrouvera lors de la grande soirée les 30 Ans du raï, ce 29 janvier, au Zénith). Ce groupe novateur inaugura le festival raï de Bobigny. À l'affiche alors, Cheb Khaled, le couple vedette Cheb Sahraoui-Chaba Fadela, Cheb Mami et Cheb Hamid.

«La philosophie du raï, c'est liberté, égalité, fraternité... et danse», assure Rachid Taha, l'une des figures de proue de ce courant musical célébré par la sortie vendredi d'un coffret de cinq CD. Un avant-goût d'un concert géant de cinq heures le 29 janvier au Zénith de Paris.

Avec ses compères Khaled et Faudel, Rachid Taha avait attiré 16.000 personnes à Bercy en septembre 1998 pour «1, 2, 3... Soleils». Ce concert avait marqué l'apogée du raï dans une France «Black-Blanc-Beur», encore éblouie par les deux buts de Zinédine Zidane en finale de la Coupe du monde de football.

A cette époque, le raï est en haut de l'affiche, comme le rock, la pop ou le rap. En France, mais aussi à l'international avec des porte-drapeaux comme Cheb Mami, «premier chanteur raï à s'être produit aux Etats-Unis», rappelle le journaliste Rabah Mezouane, spécialiste de cette musique, dans le coffret. Un Cheb Mami qu'on entendra chanter en duo avec des sommités comme Sting ou Zucchero.

C'est au milieu des années 80 que le raï explose: sous l'influence de «Chebs» (jeunes), cette musique traditionnelle algérienne de la région d'Oran se modernise et s'électrifie. Après un premier festival raï à Oran en 1985, elle débarque en France à l'occasion d'un festival à Bobigny, en janvier 1986.

 

 

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