mardi, 03 novembre 2015 12:11

Le financement collaboratif de projets : une stratégie anti-pauvreté

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Les plateformes de financement participatif des micro-projets se multiplient en France et intéressent désormais le continent africain. Les diasporas y voient une nouvelle stratégie anti-pauvreté.

Nancy : championne du crowdfunding
Nancy est la championne de France du crowdfunding, devant Paris, selon Ulule, la plateforme de crowdfunding en Europe. En clair, Nancy est la ville qui présente le plus de projets (80 pour 100 000 habitants) faisant appel au financement participatif.

Récolter 25 mille euros pour des ouvrages scolaires en Côte d'Ivoire, financer la création de sacs à main, accessoires et bijoux à partir de matière plastique recyclée en coopération avec des associations de femmes et des artisans au Burkina Faso, participer à la construction d'une école maternelle au village d'Aguerd (Maroc) pour 60 enfants de 3 à 6 ans dans une approche durable, intégrée et solidaire...

Tout cela est désormais possible grâce à « Fadev », « Cofundy », ou encore « Its'aboutmyafrica », « Atadamone », « Slama & Co » des plateformes de financement participatif (appelé « Crowdfunding ») qui émergent de plus en plus en Afrique.

Les entrepreneurs conquis par un modèle qui fait déjà fureur aux Etats-Unis, où le financement de micro-projets par des internautes sur la platforme "Kickstarter", géant du "crowdfunding", crée en 2010, avait dépassé, en l'espace de quatre ans, le milliard de dollars de mises combinées, selon la presse américaine.

Le principe est simple: collecter de quoi financer un projet via la toile. Une aubaine pour de jeunes entrepreneurs qui manquent de moyens mais pas d'idées. Une formule bénéficiant également aux financeurs qui récupèrent à terme leur mise, en obtenant une marge de bénéfice sur le micro-projet en question. Ce soutien peut toutefois prendre la forme d'un don, quand le projet n'est pas à but lucratif, ou dériver d'un contrat de sponsoring au bénéfice de la structure donatrice.

Thomas Kacou, homme d'affaires ivoirien installé en France, est le fondateur de la dernière plateforme née sur le continent noir : "itsaboutmyafrica", (il y a 3 mois) qui s'adresse exclusivement aux Africains, surtout. ceux de l'Afrique de l'Ouest.

"A travers cette platefome, nous soutenons des projets qui ont pour objectif premier le rayonnement du continent. En ce moment nous avons trois projets en cours de financement (sport, littérature, artisanat) et ce n'est que le début", explique le jeune homme joint par Anadolu.

"Vaudou Soccer" est un de ces projets, il s'agit d'une BD africaine faite par un Africain malvoyant à 80% dédiée à tous les publics, selon la description sur le site. Pour 5 euros de participation par exemple, le contributeur verra son nom sur la page des remerciements de l'album financé, tandis que le financement global permettra "d'impulser une dynamique d'édition de bande dessinée africaine."

"Ces projets proposés par des africains de la région francophone sont essentiellement financés par la diaspora africaine", commente Kacou, annonçant qu'il lancera la version anglaise de la plateforme très prochainement afin d'élargir le concept aux pays anglophones du continent.

Crowdfunding ... Le mot peut faire peur. Il est nouveau et difficile à prononcer par des francophones.

Mais dès que l'on quitte la planète des bobos financiers qui croient qu'un anglicisme va leur donner de la notoriété, on découvre une pratique toute simple : le financement participatif.

C'est une méthode de collecte de fonds qui commence à se développer au Maroc. Une conférence-débat est prévue sur le sujet. Organisée par Maroc Entrepreneurs, elle est organisée à .... Paris.

C'était sur Maglor le 29 septembre 2015
A voir ou à revoir ici.

La diaspora africaine, constituée de près de 170 millions de personnes, selon les dernières données de l'Union Africaine, est en effet, une véritable manne financière et le principal contributeur du crowfunding, confirment les experts en économie.

«Je crois fermement que la diaspora africaine est une puissance financière pour le continent et le fait de choisir ces diverses plateformes financières pour investir dans les entreprises africaines est une bonne chose qu'il faut encourager à la lumière des contributions qu'apporte déjà la diaspora», relève à Anadolu, M. Class Tino le président de la commission des commerces à la Chambre du Commerce et d'industrie du Togo, l'un des pays dont la diaspora (2 millions de Togolais) est la plus dynamique du continent.

Dans un rapport publié le 13 avril 2015, la Banque Mondiale soulignait, que les envois de fonds émanant de la diaspora en direction de l'Afrique subsaharienne atteindraient les 33 milliards de dollars pour la fin 2015 (légère baisse comparé au 34 milliards de 2014, puis 34 et 36 milliards prévus pour 2016 et 2017), tandis qu'au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, les envois de fonds atteindront 53 milliards usd en 2015 (contre 51 milliards en 2014 et 55 et 57 milliards de dollars en 2016 et 2017).

Un montant global supérieur à l'aide publique au développement (56 milliards de dollars en 2014, selon la BM) et aux investissements directs étrangers (50 milliards de dollars), révélateur de la force financière de la diaspora africaine.

Les transferts de fonds vers l'Afrique, qui se font, la plupart du temps sous forme de dons envoyés par des agences de virement de fonds ou par transfert bancaire, ont pour objectifs premiers de résoudre des problèmes d'ordre social (soins de santé, frais de scolarité, logement etc).

Désormais, la diaspora peut orienter son transfert d'argent pour financer des projets locaux tel que ceux proposés sur la plateforme "Fadev", doyenne des plateformes de crowfunding qui permettent d'investir dans des entreprises en Afrique francophone, qui ont une dimension sociale à l'instar de "FruitsCam", un projet consacré à du jus naturel produit par une centaine d'agriculteurs de Yaoundé au Cameroun.

Fadev, qui a démarer son activité sur internet en 2014 (elle finançait déjà des projets sur le continent africain depuis plusieurs années), ambitionne de récolter au moins 500 mille euros chaque année auprès des internautes afin de soutenir plus d'une quinzaine de pojets chaque an, d'après sa présentation.

Pour M. Class Tino, pour un usage efficient de ces plateformes et une réduction notable de la pauvreté, les gouvernants africains ont eux aussi un rôle à jouer.

"La diaspora manque souvent d'informations concernant les besoins du continent et ne sait pas toujours dans quoi investir. Il faut donc l'orienter à choisir des projets qui lui permettront d'investir efficacement. Par exemple dans l'agrobusiness, cela serait très utile surtout que notre continent dispose de plusieurs milliers d'hectares de terres fertiles pour produire et nourrir ses fils", explique-t-il.

Si le rôle de la diaspora est certain, les hommes d'affaires rêvent pourtant, qu'un jour, le modèle se développe en "interne". Pour cela, il faudra contourner de nombreux obstacles qui affaiblissent l'Afrique, notamment la faible bancarisation, (et le nombre trop faible de cartes de crédit), le manque d'équipement informatique et les problèmes d'auto-suffisance.

Alors, le continent pourra pleinement profiter de ce que le président et co-fondateur de "KissKissBankBank", (une des plus célèbre plateformes européennes qui a financé l'un des plus grands nombres de projets), Vincent Ricordeau qualifie de "3e révolution industrielle".

 

Source : Anadolu

 

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