Femmes berbères du Maroc

La Fondation Jardin Majorelle et la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent, en partenariat avec la Bibliothèque Nationale du Royaume du Maroc présentent, du 15 mai au 15 juillet 2015, l'exposition Femmes berbères du Maroc. Les Parisiens avaient eu le plaisir de voir cette exposition d mars à juillet 2014.

La Fondation Jardin Majorelle et la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent accueillent l'exposition « Femmes berbères du Maroc ». Une occasion de partager la richesse du patrimoine amazigh (berbère), mais aussi de mettre à l'honneur les femmes berbères à qui il doit en grande partie sa survivance. Cette dernière s'explique par la transmission de la langue, mais aussi des savoir-faire – dont certains, essentiellement féminins – comme le tissage, ou encore la poterie dans le Nord du Royaume. C'est enfin l'opportunité de montrer la beauté des parures berbères, diverses selon les régions, mais toujours extraordinaires.

 

 

À travers les plus beaux objets conservés au musée berbère du jardin Majorelle à Marrakech mais aussi au musée du quai Branly ou dans des collections particulières, l'exposition explore la place centrale des femmes dans la culture berbère.

Arrivés au Maroc en 1966, Pierre Bergé et Yves Saint Laurent ont, depuis le tout début de leur passion marocaine, constitué une collection d'art berbère. Cette dernière les accompagne dans leurs successives demeures. À Dar el-Hanch d'abord, la maison qu'ils achètent dans la médina de Marrakech à l'occasion de leur premier voyage. Puis, en 1974, à Dar Es Saada, la villa qui jouxte le jardin Majorelle dont ils deviennent, en voisins, de fidèles visiteurs, avant d'en faire l'acquisition en 1980 pour le sauver d'une destruction certaine. Le couple entame alors la restauration du jardin Majorelle, comme celle de l'atelier de peinture érigé en son sein. Commandé par Jacques Majorelle à l'architecte Paul Sinoir en 1931, il restera en usage jusqu'à la mort du peintre en 1962.

C'est au milieu des années 1980 que Pierre Bergé et Yves Saint Laurent décident de le transformer en musée d'art islamique. Le décorateur américain Bill Willis en assurera la muséographie.

 

Après la mort d'Yves Saint Laurent le 1er juin 2008, Pierre Bergé, d'abord désireux de rénover ce lieu, décide finalement de proposer aux visiteurs du jardin, de plus en plus nombreux, un musée de civilisation spécifiquement marocain dont il confie les aménagements intérieurs à l'architecte et scénographe français Christophe Martin. Le musée berbère voit ainsi le jour et ouvre ses portes en 2011 dans l'atelier de Jacques Majorelle que d'étroits liens unissaient à ce peuple dont il a largement diffusé l'imagerie à travers son oeuvre.

L'art berbère est donc enfin mis à l'honneur dans un espace certes modeste mais qui lui est spécifiquement dédié. Le musée est pensé pour présenter le panorama le plus exhaustif possible du patrimoine berbère au Maroc. Dans ce but, la collection jusqu'alors réunie par Pierre Bergé et Yves Saint Laurent s'est considérablement enrichie. Ainsi, dans le musée, du Rif au Sahara, plus de six cents objets présentés au public témoignent de la diversité d'une culture berbère toujours vivante.

 

L'exposition

À travers l'histoire, ce sont les femmes berbères, garantes de la pérennité des traditions et de la langue, qui ont assuré la sauvegarde de l'héritage culturel des tribus. Cette transmission passe notamment par des symboles que l'on retrouve dans le tatouage, le henné, le maquillage, les bijoux, la vannerie, la poterie et la tapisserie, cette dernière relevant du savoir exclusif de la femme berbère.

L'exposition s'articule autour de trois thématiques et espaces distincts :

Portrait de la femme berbère du Maroc : grâce aux textes, cartes et projections, cette introduction propose une découverte historique, géographique, sociétale et tribale des femmes berbères d'hier et d'aujourd'hui.

 

Savoir-faire et artisanat : la vie quotidienne des femmes berbères repose sur leurs savoir-faire et prérogatives dans de nombreux domaines : le tissage, la poterie, la vannerie, la fabrication de l'huile d'argan, la danse, les fêtes... Ces pratiques sont illustrées au travers d'objets qui reflètent les techniques propres aux femmes berbères marocaines. Dans les objets domestiques du quotidien ou de fête, comme dans les objets rituels, les décors géométriques dominants sont parfois associés à des représentations anthropomorphiques.

 

Parures et costumes : les bustes de bijoux, les costumes et les objets exposés sont accompagnés de présentations multimédia. Les écrans verticaux permettent de découvrir dans le détail les éléments constituant les costumes des femmes (capes handiras, robes haïks, ceintures) ainsi que les objets liés à l'apparat. Du Rif au Sahara, les groupes berbères, sédentaires ou nomades, manifestent un goût très affirmé pour l'apparat. Vêtements, parures et accessoires attestent de leur identité. Dans le cadre d'un système très codifié, tissages, couleurs, motifs propres à chaque groupe, les femmes berbères créent leur «habit de fête». C'est ainsi que lors de grands rassemblements – mariages, moussems – ce n'est pas l'uniformité qui s'offre au regard, mais une chaleureuse et exubérante variété de silhouettes.