Le Lézard Rouge: Des splendeurs d'antan à la découverte du Sud tunisien

Le "Lézard rouge", le petit train touristique du Sud tunisien, a été construit au début du 20ème siècle. Offert en 1945 par la France à Lamine Bey, Bey de Tunis à l'époque, il fait la joie des touristes d'aujourd'hui. 


 

Le Lézard rouge est le nom donné à un train touristique de Tunisie parcourant les gorges de Selja, un canyon aux parois abruptes au centre duquel coule l'oued Selja. Le départ se fait à la gare de Métlaoui (ville située entre Tozeur et Gafsa) dans le centre-ouest du pays, le train parcourant ensuite 43 kilomètres sur une portion empruntée par les trains miniers évacuant les phosphates.

Construit aux ateliers de Rouvain en 1910, par la société Dyle et Bacalon (France), ce train est à l'origine réservé au transport du bey de Tunis et de sa cour. Il est alors composé d'une voiture pour le bey, d'une voiture pour la cour, d'une voiture-restaurant et de deux fourgons accueillant les bagages. La voiture beylicale est transformée dans les ateliers de la Compagnie fermière des chemins de fer tunisiens à Sidi Fathallah, en 1922, en vue de son adaptation au réseau tunisien à voie métrique.

Ainsi qu'il sied à un véhicule royal, son aménagement et sa décoration sont d'une richesse, d'un confort et d'un raffinement extrêmes : boiseries, velours grenat, marqueterie, revêtements de sol et cuivre l'inscrivent dans la ligne des grands trains du début du xxe siècle tels que l'Orient-Express, le Train bleu ou l'Étoile du nord.

Durant son illustre carrière, le train sert aux trois derniers souverains husseinites (Ali Ier Pacha, Moncef Bey et Lamine Bey) ainsi qu'à de nombreuses personnalités étrangères hôtes de la Tunisie. Symbole d'une époque révolue et supplanté par lavoiture individuelle, d'un usage plus discret, le train beylical se trouve remisé sur une voie de garage pendant de longues années.

Ce n'est qu'en avril 1974 que, sous l'appellation de Lézard rouge, il reprend du service à la suite d'une convention conclue entre la Société nationale des chemins de fer tunisiens (SNCFT) et la société Transtours qui l'affecte, pendant une courte période, à la desserte d'un circuit touristique entre Tunis et Tozeur avec une halte à El Jem pour permettre aux passagers la visite de son amphithéâtre. Après une révision technique et un réaménagement, le Lézard rouge est à nouveau remis en circulation en 1984 et exploité de manière intensive mais, cette fois, sur le tronçon du réseau reliant Métlaoui à Redeyef (construit entre 1906 et 1907), un circuit traversant les gorges de Selja.

 

Devenu depuis quelques années un agrément pour les touristes, le Lézard rouge se compose de six wagons dont le Beylical et un magnifique wagon-bar où les voyageurs peuvent siroter un rafraichissement en regardant défiler le paysage.

Seul bémol de ce «bijou» de la voie ferrée tunisienne: sa locomotive. Ce véhicule automoteur, beaucoup plus récent que le train lui même et de loin moins raffiné, vient remplacer la locomotive d’origine, «impossible à réparer», a-t-on affirmé au correspondant de Anadolu.

Plusieurs opérateurs touristiques du Mexique, de l’Australie, du Canada et de l’Afrique du Sud, ont fait du Lézard rouge leur meilleure offre d'évasion à travers la splendeur de la compagne et des paysages montagneux du sud tunisien.

Le Lézard rouge tire son nom de sa grâce et de la couleur de son bois. Il arbore une décoration différente dans chacun de ses wagons.Délaissé pendant plusieurs années, il a été restauré par les autorités tunisiennes pour être utilisé dans la promotion du tourisme.

Racheté par une entreprise privée il y a  25 ans, le Lézard rouge a quitté Tunis pour silloner le sud du pays, où il fait gare à Metlaoui. De là, il part dans un périple à travers les gorges de Selja, sur une portion du circuit férrovier reliant les villes de Metlaoui et de Redeyef, dans la province tunisienne de Gafsa (sud-ouest).

Les gorges de Selja sont une vallée de plusieurs kilomètres de superficie entourée de falaises abruptes hautes de plusieurs dizaines de mètres et perforées de tunnels, vestiges de l'exploitation minière du phosphate tunisien par la France du temps du protectorat.

Pendant près de 2h30, le Lézard rouge emmène ses passagers  à travers un paysage souvent comparé à celui des montagnes rocheuses américaines du Colorado, ponctué de petites haltes qui permettent aux yeux d'emporter le souvenir de la beauté majestueuse des lieux.

 

Sources : Wikipédia et Anadolu