France : Les autorités religieuses reçues à l'Elysée

Sans Boubakeur qui boudait dans son coin, le président de la République Emmanuel Macron a livré pour la première fois, jeudi 4 janvier, ses vœux aux responsables français des cultes reçus à l’Élysée, poursuivant ainsi une tradition instaurée par ses prédécesseurs. Les autorités représentatives du culte musulman étaient présents et représentées par Ahmet Ogras et Anouar Kbibech.

 

 

Durant cette réunion d’une heure et demie, il a prononcé un discours d’une trentaine de minutes, avant d’entamer un long temps d’échanges avec les onze religieux présents, en présence du premier ministre Édouard Philippe et de Gérard Collomb, le ministre de l’intérieur, également en charge des cultes.

Lors de son discours, le président a notamment évoqué le rôle des religions dans la société, ainsi que l’importance de l’enseignement du fait religieux en France. Il a salué le rôle des associations chrétiennes caritatives pour l’accueil des réfugiés, tout en rappelant la « tension éthique » entre le droit d’asile et « la réalité de notre société, sa capacité à accueillir ». Autre thématique abordée : l’enseignement dans les mosquées et la formation des imams pour lutter contre la radicalisation.

Enfin, il a assuré aux cultes qu’ils seraient bien consultés avant la révision des lois de bioéthique, prévue à l’automne. Sans rien préciser du contenu de la future loi, Emmanuel Macron a précisé qu’il souhaitait que soit organisé en France « un vrai débat philosophique » sur ces questions extrêmement complexes.

Il a d’ailleurs confirmé sa volonté de dialoguer régulièrement avec les responsables religieux. « Il est naturel que le président de la République s’entretienne régulièrement avec vous parce que vous participez de la vie de la nation », a-t-il affirmé. 

 

 

Le chef de l’Etat a estimé que ne parler de laïcité qu’au sujet de l’islam était une « erreur funeste ». Mais il a plaidé, à l’adresse des représentants musulmans, pour « un travail sur la structuration de l’islam en France, qui est la condition même pour que vous ne tombiez pas dans les rets des divisions de votre propre religion et de la crise qu’elle est en train de vivre sur le plan international ». Ce travail « moral, philosophique » mais aussi « d’organisation » est « indispensable et je vous y aiderai », a-t-il insisté.

Evoquant les sujets sensibles, le président a redit qu’il attendait que les responsables religieux prennent « toute [leur] part » au « vrai débat philosophique » qui va s’engager avant de légiférer sur les dossiers bioéthiques, dont l’extension de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes.

Alors que des ONG chrétiennes ont émis de vives critiques à l’encontre de la politique migratoire du gouvernement, Emmanuel Macron a défendu la nécessité de « choisir le moindre mal » dans l’accueil des migrants, « et le moindre mal c’est aussi parfois de savoirdire qu’on ne peut prendre toute la part qu’on voudrait prendre, parce qu’on ne le peut pas ».

 

Retrouvez-ici la transcription du discours des vœux du Président de la République aux autorités religieuses