mercredi, 03 janvier 2018 20:59

Idir : le grand retour dans son Algérie natale

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Alors que son dernier concert en Algérie date de 1979, le chanteur kabyle Idir, résident en France, fait son grand retour en Algérie pour une tournée nationale à partir de ce jeudi.

 

L’Algérie s’apprête à accueillir l’enfant du pays, après près de quarante ans d’absence. Il débute son retour sur la scène algérienne avec deux premiers concerts, qui auront lieu ce jeudi 4 et vendredi 5 janvier, à la coupole du Complexe olympique Mohamed-Boudiaf à Alger.

Idir sera accompagné par des chanteurs français, à l’instar de Gérard Lenorman et Maxime Le Forestier, avec qui il chante en duo dans son dernier album D’ici et d’ailleurs, sorti en 2017. Une oeuvre qui est en réalité le récit d’un dialogue entre deux langues, deux cultures.

Dans ses concerts, Idir reprenda des classiques de la chanson française en duo, aux côtés de leurs interprètes originaux. Pendant leur performance musicale, les deux artistes varient entre le kabyle et le français. Les deux rives de la méditerranée se rencontrent alors, le temps d’une chanson.

Son voyage ne s’arrêtera pas à Alger. À partir de mai prochain, le chanteur prévoit une grande tournée qui devrait notamment le conduire à Annaba, Béjaïa, Batna, Constantine et Tlemcen. Sa venue se fera sous la houlette de l’Office national des droits d’auteur et des droits voisins (Onda) et des Éditions Izem, une condition sinéquanone pour le chanteur, qui ne voulait être accueilli sous l’égide d’aucune personnalité ou institution politique.

Si son dernier concert dans son pays natal date de 1979, ses albums n’ont, eux, jamais cessé de parler de l’Algérie. Hamid Cheriet, de son vrai nom, a fait de la revendication de l’identité kabyle et de son algérianité son principal message artistique. D’ailleurs, le retour d’Idir en Algérie est d’autant plus symbolique que celui-ci se fait après l’officialisation de la langue Tamazight en 2016 et la reconnaissance de Yennayer, premier jour de l’année berbère, qui vient d’être décrété fête nationale, fin décembre 2017.

 

 

A Vava Inouva, le premier titre qui a fait connaître Idir et qui est devenu un succès planétaire, traduit dans plus de vingt langues, est en fait une berceuse. Il raconte les veillées dans les villages des montagnes kabyles et la culture orale de ces régions, celle des contes et des enseignements traditionnels.

Dans Aghrib, Idir parle de l’exil. Celui d’un homme, en quête de réussite, qui quitte son pays. Une quête qui malheureusement se finit en échec.

Dans Zwit Rwit, Idir nous emmène dans une fête de mariage. Il invite tout le monde à festoyer, les femmes à faire des youyous et les jeunes filles à danser. Puis, dans le refrain, il entraîne son public par son « Zwit Rwit », qui signifie « secoue toi, remue toi », en français.

 

Idir parle également de la souffrance d’un peuple dans Pourquoi cette pluie ? . Ce titre, écrit par Jean-Jacques Goldman, raconte le déluge qu’avait connu la ville d’Alger en novembre 2001, mais ces paroles sont aussi la métaphore de la décennie noire.

Dans Ssendou, Idir nous plonge avec lui dans ses souvenirs d’enfance. Il y décrit une femme, sa mère, en train de battre le lait qu’elle a mis dans une calebasse. Et pendant son dur labeur, il lui arrivait de pleurer, de chanter, de soupirer… Idir comprend alors que sa mère, de part sa condition, en vient à se confier à une chose inerte, le lait. Il dédie alors Ssendou à toutes ces femmes pour qui la vie est loin d’être évidente, surtout dans « des société à fortes traditions » comme la sienne.

 

Idir a donné un long entretien au quotidien algérien TSA que Maglor vous invite à lire ici.