vendredi, 08 décembre 2017 08:28

Les sans-​​abri empêchés de s'installer à Metz

Écrit par  Avec AFP
Les membres de la fondation Abbé Pierre sont passés à l'action ce mercredi matin, à Metz. Les membres de la fondation Abbé Pierre sont passés à l'action ce mercredi matin, à Metz. AFP/Jean-christophe Verhaegen

Des membres de la Fondation Abbé Pierre ont collé des affiches dans les rues de Metz pour dénoncer les aménagements urbains qui empêchent les sans-abri de s'installer en ville. La municipalité mise en cause.

«Au lieu d'empêcher les SDF de dormir, offrons-leur un logement décent», lit-on sur ces affiches de couleurs orange et noir, montrant le dessin d'un homme allongé. Les panneaux ont été collés sur des bancs, la devanture d'une banque, d'un magasin et d'un cinéma, dans le cadre d'une action menée par une quinzaine de militants de la Fondation.

Par cette action, démarrée à 7h mercredi, la Fondation entendait dénoncer les aménagements mis en place sur le mobilier urbain «pour empêcher les sans-abri de se poser, de s'allonger, de trouver un moment de trêve» et plaider pour «un accès direct des personnes à la rue à un logement», a indiqué Véronique Étienne, directrice de la fondation Abbé Pierre dans le Grand Est.

«Des commerçants mettent de l'huile, de l'eau ou de la farine»

«Dans notre système, on traite la santé, le logement, l'emploi... Alors que si on prend une personne dans son intégralité on peut faire un accompagnement global», a-t-elle ajouté, jugeant «inacceptable que dans la cinquième puissance mondiale, il y ait encore des sans-abri et qu'on peine à mettre en place les solutions qui existent». Selon la directrice régionale, la ville de Metz compte plus de 8 000 logements vides. «On sait qu'il y a des moyens de capter des logements à des coûts accessibles à ces personnes. Il faut leur faire confiance», a souligné Véronique Étienne.

«Des commerçants mettent de l'huile, de l'eau ou de la farine» pour dissuader les sans-abri de s'installer, a raconté un homme de 29 ans, qui a vécu une «bonne dizaine d'années dans la rue», tandis que bénévoles et salariés collaient des affiches sur les grilles d'une propriété privée. Le groupe a arpenté le centre-ville de Metz pendant une heure, sous la surveillance discrète d'une voiture de police.

«Quand la nuit est chaude, pas mouillée, ils sont souriants, décontractés. Quand la nuit est humide et froide, qu'ils ont été virés, on les voit complètement défaits, cassés», a relaté Patrice Ravaine, bénévole retraité dans un accueil de jour fréquenté par quelque 150 personnes. «Je sens plus de résignation que de révolte», a commenté ce bénévole. La fondation Abbé Pierre prévoit plusieurs actions à Paris, Lyon et Marseille, mercredi.