Les huit merveilles du patrimoine mondial de l'UNESCO en Tunisie

 

 

 

Dougga

L'Unesco a classé ce site sur la liste du patrimoine mondial en 1997, considérant qu'il s'agit de la « petite ville romaine la mieux conservée de l'Afrique du Nord ». La cité, qui se trouve en pleine campagne, est bien protégée de l'urbanisme moderne, contrairement, par exemple, à Carthage pillée et reconstruite à de nombreuses reprises. Le site de Dougga est remarquable par sa taille — 70 hectares — la bonne conservation de ses monuments et la richesse historique de son passé punique, numide, romain et byzantin. Parmi les monuments qui font la renommée de Dougga se trouvent le mausolée libyco-punique, le Capitole, le théâtre ainsi que les temples de Saturne et de Junon Caelestis.

Lac Ichkeul

Classé au titre de patrimoine mondial naturel, le lac Ichkeul est au nord de la Tunisie. Il fait partie du parc national de l'Ichkeul. Le lac est relié par le canal de Tinja au lac de Bizerte, lui-même relié à la mer Méditerranée. Le lac et les marécages servent chaque année de lieu d'arrêt pour des centaines de milliers d'oiseaux migrateurs en partance vers l'Afrique subsaharienne. En hiver, le lac est alimenté par de l'eau douce, provenant des oueds à proximité tandis qu'en été il l'est par de l'eau de mer. Les villes de Tinja, Mateur et Menzel Bourguiba sont les principales villes aux alentours du lac. Menzel Bourguiba et Tinja sont situées sur l'isthme séparant le lac Ichkeul du lac de Bizerte.

 

L'amphithéâtre d'El Jem 

Aussi appelé Colisée de Thysdrus, c'est un amphithéâtre romain situé dans l'actuelle ville tunisienne d'El Jem, l'antique Thysdrus de la province romaine d'Afrique. Construit vraisemblablement vers le premier tiers du iiie siècle, même si sa datation a fait l'objet de débats, il prend la succession de deux édifices du même genre, dont l'étude a permis d'analyser la genèse de ces constructions monumentales destinées aux loisirs. Il a probablement abrité des combats de gladiateurs ainsi que des courses de chars et autres jeux du cirque, mais surtout des exhibitions de bêtes sauvages et des reconstitutions de chasses aux fauves particulièrement prisées.

Ce « Grand amphithéâtre », le monument romain le plus célèbre de la Tunisie, est l'amphithéâtre le mieux conservé d'Afrique du Nord. Il a fait l'objet d'un classement au patrimoine mondial de l'Unesco en 1979. L'amphithéâtre accueille chaque année environ 530 000 visiteurs.

 

Kairouan

Kairouan, dont le nom signifie étymologiquement en arabe « caravansérail », est une ville du centre de la Tunisie et le chef-lieu du gouvernorat du même nom. Elle se situe à 150 kilomètres au sud-ouest de Tunis et cinquante kilomètres à l'ouest de Sousse. Peuplée de 139 070 habitants en 20142, elle est souvent désignée comme la quatrième ville sainte (ou sacrée) de l'islam et la première ville sainte du Maghreb. Jusqu'au xie siècle, la ville a été un important centre islamique de l'Afrique du Nord musulmane, l'Ifriqiya. Avec sa médina et ses marchés organisés par corporations à la mode orientale, ses mosquées et autres édifices religieux, Kairouan est inscrite depuis 1988 sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. En 2009, elle est proclamée capitale de la culture islamique par l'Organisation islamique pour l'éducation, les sciences et la culture.

 

Kerkouane

Site antique situé sur la côte orientale de la péninsule du cap Bon, à six kilomètres au nord de Hammam Ghezèze. Il abrite une cité et une nécropole puniques inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco depuis le 28 novembre 1986 car ce sont les seuls exemples d'architecture punique à n'avoir pas subi de modifications de la part de civilisations postérieures. En effet, probablement détruite et abandonnée durant la Première guerre punique (milieu du iiie siècle av. J.-C.), la cité ne sera pas reconstruite par les Romains. Kerkouane, l'une des plus importantes cités puniques avec Carthage, Hadrumète et Utique, exista pendant près de 400 ans.

 

Sousse

Ville portuaire de l'est de la Tunisie, située à 143 kilomètres au sud de Tunis, et ouverte sur le golfe d'Hammamet. « Capitale » du Sahel tunisien — elle est parfois surnommée la « perle du Sahel ». La médina de Sousse, tout comme celle de Tunis, est classée au patrimoine mondial de l'Unesco (inscrite en 1988). L'un des éléments qui la distinguent est l'emplacement de la principale mosquée qui n'est pas au centre de la ville. Comme le ribat, elle était chargée de protéger le bassin artificiel de l'arsenal, ce qui explique son allure militaire.

Le ribat a vu le jour durant le règne de la dynastie des Aghlabides (821) mais, après l'édification des murs de la ville en 859, perdit peu à peu sa fonction militaire. Alors qu'à l'étage se trouve une petite mosquée, le sous-sol est aménagé en divers locaux et magasins alors que des traces d'une presse à olives subsistent. L'imposante entrée flanquée de deux piliers de style corinthien est conçue comme une double porte, ce qui permettait de bloquer l'accès à la forteresse. Quant à la kasbah, elle se situe dans la partie la plus haute de la médina et date de l'année 84411. En 853, un phare de 30 mètres de haut est baptisé du nom d'un eunuque du souverain aghladide Ziadet-Allah Ier(Khalaf El Fatâ). C'est dans ses murs qu'est logé le Musée archéologique de Sousse depuis 1951.

 

Médina de Tunis

La médina, cœur historique de Tunis, est inscrite depuis 1979 au patrimoine mondial de l'Unesco. La médina de Tunis présente comme constante spécifique d'être à la fois un tout homogène dans sa globalité et une juxtaposition de sous-ensembles présentant chacun cette même caractéristique : chaque quartier est en quelque sorte, une « réduction » de la ville dans tous ses concepts. Aux conditions naturelles (topographie et géologie), économiques (coût des matériaux de construction), politiques (société féodale) et de sécurité déterminantes pour le développement de la médina, il convient de noter les caractères climatiques et religieux suivants :

- la charia (ensemble des dispositions légales) organise la propriété individuelle (habitation) comme participation à un organisme collectif (cité), notamment dans le cas de la participation au régime de l'eau qui est indissociable de la propriété foncière ;
- l'ouverture vers le ciel (patio et jardins) en tant que symbole d'ordre religieux, effet d'ordre climatique (éclairage, aération et régulation de la température) et rappel des liens avec la nature (carré de ciel rattachant la maison au cosmos) constitue un facteur important dans l'organisation de l'espace (notamment au niveau des ouvertures selon l'orientation du soleil) ;
- la vie communautaire et les rapports d'intimité intérieur-extérieur ayant une importance fondamentale, la limite physique bâtie de la muraille est perçue comme une enveloppe à l'intérieur de laquelle la population concernée entretient des rapports privilégiés. En effet au plan de la forme, le climat, le mode de vie et l'environnement naturel ont imposé un monde clos, cerné de murs et refermé sur lui-même aussi bien au niveau de l'unité d'habitation qu'à celui du quartier ou à celui de l'entité urbaine.

 

Site archéologique de Carthage

Site dispersé dans la ville actuelle de Carthage (Tunisie) et classé au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1979. Il est dominé par la colline de Byrsa qui était le centre de la cité punique. Aujourd'hui, il se distingue par la silhouette massive de la cathédrale Saint-Louis édifiée, à la fin du xixe siècle, à l'emplacement présumé de la sépulture du roi Louis IX de France (saint Louis) qui y mourut au cours de la huitième croisade. À proximité de la cathédrale, en face de cette tombe vide dont les restes ont été rapatriés en France, se trouvent les vestiges du plus important quartier de la ville. Il n'en subsiste que quelques fondations et quelques fragments de colonnes, mais on peut y mesurer la puissance qui émanait alors de la cité : dimensions immenses, grands espaces, vues panoramiques et organisation des rues.

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