Il y a aujourd'hui dix fois plus d'enfants obèses qu’il y a 40 ans

L'Organisation Mondiale de la Santé publie une étude qui montre une progression rapide et mondiale de l'obésité chez les 5-19 ans.

 

Les régions du monde où l’on constatait l’augmentation du nombre des enfants et des adolescents obèses la plus importante étaient l’Asie de l’Est, le groupe des pays anglophones à revenu élevé, le Moyen Orient et l’Afrique du Nord.

En Europe, les filles à Malte et les garçons en Grèce présentaient les taux d’obésité les plus élevés, représentant 11,3% et 16,7% de la population, respectivement. Les taux les plus faibles étaient constatés chez les garçons et les filles de Moldova, équivalant à 3,2% et 5% de la population, respectivement.

Au Royaume-Uni, le taux d’obésité chez les filles se situait à la 73e place mondiale (6e rang en Europe); et à la 84e place chez les garçons (18e rang en Europe).

Aux États-Unis d’Amérique, les filles occupaient le 15erang mondial et les garçons le 12e.

Parmi les pays à revenu élevé, les États-Unis d’Amérique avaient les taux d’obésité les plus élevés, filles et garçons confondus.

Les nouvelles générations d'enfants et d'adolescents sont de plus en plus touchées par l'obésité, en raison de leur alimentation. A l'occasion de la Journée mondiale de l'obésité, ce mercredi, l'Organisation mondiale de la santé, basée à Genève, et la revue The Lancet publient une étude édifiante. En quarante ans, le nombre d'enfants et d'adolescents obèses âgés de 5 à 19 ans a été multiplié par dix. Le taux d'obésité des jeunes en 2016 est de près de 6% chez les filles et 8% chez les garçons. Il était de 1% en 1975, quel que soit le sexe. Les enfants et ados obèses seraient en tout 124 millions, aujourd'hui, dans le monde.

«Cette tendance se poursuit dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, tandis qu'il se stabilise à un niveau inacceptable dans les pays à revenu élevé», commente le professeur Majid Ezzati de l'Ecole de santé publique de l'Imperial College de Londres.

«Il faut protéger les enfants des aliments nocifs pour leur santé et rendre plus accessible les aliments sains et nutritifs», ajoute le professeur, qui souligne la surexposition à des maladies comme le diabète.

Selon cette étude, au rythme de progression actuel, le nombre d’enfants obèses sera plus élevé en 2022 que celui des gamins qui souffrent d’une insuffisance de poids. Dans les deux cas, c’est la malnutrition qui est en cause. Dans l’est de l’Asie, en Amérique latine et dans les Caraïbes, les enfants sont rapidement passés de l’insuffisance pondérale au surpoids et à l’obésité. L’OMS a adressé aux pays membres des préconisations afin de mettre en place des plans d’éducation à l’alimentation et de réduction des aliments ultratransformés fortement caloriques et peu nutritifs.
 
«Ces tendances inquiétantes reflètent l’impact de la commercialisation des produits alimentaires et des politiques dans ce domaine à l’échelle mondiale, avec des aliments sains et nutritifs trop chers pour les familles et les communautés défavorisées. La tendance laisse entrevoir une génération d’enfants et d’adolescents grandissant en étant obèses et exposés à un plus grand risque de maladies comme le diabète», ajoute le Professeur Ezzati. «Il nous faut les moyens de faire en sorte que les aliments sains et nutritifs soient davantage disponibles, dans les foyers comme dans les écoles, en particulier dans les familles et les communautés défavorisées, et des règlements et des taxes pour protéger les enfants des aliments nocifs pour leur santé.»
 

Des solutions existent

Conjointement à la publication des nouvelles estimations sur l’obésité, l’OMS publie un résumé du plan de mise en œuvre pour mettre fin à l’obésité de l’enfant. Le plan donne aux pays des orientations claires sur les mesures efficaces pour réduire l’obésité de l’enfant et de l’adolescent. L’OMS a aussi diffusé des lignes directrices appelant les agents de santé qui sont en première ligne à détecter activement et à prendre en charge les enfants qui sont en surpoids ou obèses.

Le Dr Bull ajoute: «l’OMS encourage les pays à déployer des efforts pour lutter contre les environnements qui aujourd’hui augmentent les risques d’obésité chez nos enfants. Les pays doivent en particulier viser à réduire la consommation de produits alimentaires bon marché, ultratransformés, fortement caloriques et pauvres en nutriments. Il convient aussi de réduire le temps que les enfants consacrent aux activités de loisirs sur écran et sédentaires en favorisant une plus grande activité physique par le sport et des loisirs actifs.».

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