mercredi, 11 octobre 2017 09:24

Pour Greenpeace, de grosses failles de sécurité dans la centrale de Cattenom

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Greenpeace a présenté mardi à la presse un rapport sur des manquements à la sécurité dans le domaine du nucléaire en France et en Belgique. Ce rapport concerne, entre autres, la centrale EDF de Cattenom près de Thionville.

Ce rapport a été commandé en 2015 par Greenpeace à des experts (physicienne, ingénieure nucléaire, docteurs en physique et physique nucléaire, économiste de l'environnement et de l'énergie...) indépendants de France, Allemagne, Royaume-Uni et Etats-Unis, souligne l'ONG.

Seule une partie de ce rapport a été rendue publique, car certains aspects sont trop sensibles, a expliqué Roger Spautz, chargé de la campagne nucléaire à Greenpeace Luxembourg. 

Leur constat est sans appel : les piscines d’entreposage du combustible usé sont extrêmement fragiles face aux actes de malveillance. Ces parties sont pourtant les installations qui contiennent le plus de radioactivité dans les centrales nucléaires. En cas d’attaque extérieure, si une piscine est endommagée et que l’eau s’écoule, le combustible n’est plus refroidi. L’accident nucléaire se déclenche avec des conséquences radiologiques très graves.  

« Il faut briser l’omerta sur les risques qui planent sur les centrales nucléaires, dit ce rapport. EDF, qui exploite les centrales, ne peut ignorer cette situation. Elle doit impérativement prendre en main ce problème de sécurité en effectuant les travaux nécessaires pour sécuriser les piscines d’entreposage du combustible usé. »

L'un des points les plus critiques concerne la piscine de stockage du combustible usagé. Après trois ou quatre ans d'utilisation, le combustible est hautement radioactif et brûlant. Il est stocké dans une eau à 25°C pendant environ 18 mois pour y être refroidi. Si le bâtiment réacteur est protégé par un bâtiment aux épaisses parois de béton, celles des piscines de stockage auraient une épaisseur d'une vingtaine de centimètres, rapporte Roger Spautz.

Même si la piscine de stockage est située à une vingtaine de mètres de profondeur, ses parois la rendent vulnérable à la chute d'un avion par exemple, ou d'une attaque aérienne. Une situation qui aboutirait à un accident nucléaire grave.

Toujours dans la piscine de stockage des déchets: si pour une raison inconnue, une brèche venait à se former dans la piscine, l'eau où les combustibles sont immergés se mettrait à fuir. Or le débit de réapprovisionnement peut vite être inférieur à la fuite d'eau. L'eau, qui forme un bouclier antiradiations d'environ 8 mètres au-dessus des combustibles, se mettrait à diminuer: les combustibles usés, hautement radioactifs, chaufferaient et... entraîneraient également une catastrophe nucléaire.

Après un séjour dans la piscine de stockage de la centrale, le combustible est expédié à l'usine de retraitement de La Hague. Où avant d'être traité, il est à nouveau immergé dans une piscine de stockage. Mais le site est saturé. Si la construction d'autres sites d'entreposage temporaire est envisagée, le transport reste un problème car c'est aussi un aspect de vulnérabilité où une attaque terroriste pourrait se produire, par exemple.

Autre argument qui fait froid dans le dos: les centrales nucléaires ont été construites à une époque où les attaques qui peuvent survenir aujourd'hui n'existaient pas. Il faudrait donc examiner d'autres cas de figure et scénarios catastrophes adaptés à la réalité actuelle.

 

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