vendredi, 06 octobre 2017 09:00

Les Français enfin prêts à une réforme de leurs institutions

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Une certaine presse se plaît, jour après jour, à souligner la baisse d'Emmanuel Macron dans les sondages. Oui, mais paradoxe, les Français sont favorables aux réformes institutionnelles qu'il propose.

Les Français sont favorables à une réforme des institutions, en particulier à une limitation des mandats dans le temps et à une réduction du nombre de parlementaires, selon un sondage BVA pour Altantico publié vendredi.

Interrogé de façon générale, les sondés se déclarent à 59% favorables à une réforme "en profondeur", alors que 32% se prononcent pour "une adaptation sans transformation radicale". Seuls 6% souhaitent que les choses restent en l'état.

Emmanuel Macron a lancé cet été le chantier des réformes institutionnelles, dont certaines sont susceptibles de modifier la Constitution, ce qui requiert une majorité des trois cinquièmes du Parlement (Assemblée nationale et Sénat) ou une approbation par référendum.

C'est le cas pour l'interdiction du cumul de trois mandats identiques dans le temps, approuvée par 84% des sondés de BVA. La baisse du nombre des parlementaires, qui ne nécessite pas de réforme constitutionnelle, est elle aussi approuvée à une large majorité de 86%.

Emmanuel Macron a dit son souhait de réduire d'un tiers le nombre d'élus, actuellement au nombre de 577 à l'Assemblée et de 348 au Sénat.

Quant à l'hypothèse d'un regroupement des scrutins locaux le même jour en 2021, elle est soutenue par 69% des personnes interrogées.

Plus de sept Français sur dix (72%) se montrent par ailleurs favorables à une introduction de la proportionnelle aux élections législatives.

Une proportion équivalente (71%) est pour la création d'un référendum d'initiative citoyenne, une mesure défendue par l'ancien candidat socialiste à l'élection présidentielle, Benoît Hamon, qui consiste à suspendre une loi pour la soumettre au vote des Français.

Six sondés sur dix (61%) sont favorables au vote obligatoire aux élections locales et nationales. Pour ce qui est du droit de vote des étrangers non-communautaires, l'idée est soutenue par une minorité de 45%.

L'enquête BVA a été réalisée par internet les 4 et 5 octobre auprès d'un échantillon de 1.175 personnes âgées de 18 ans et plus.

 

La synthèse proposée par BVA

Une grande soif de renouveau politique persiste chez les Français : 59% souhaitent une réforme en profondeur des institutions politiques françaises (Assemblée nationale, Sénat, Présidence de la république,…)

  • Sur le plan politique, la volonté de réforme en profondeur des institutions s’exprime en particulier en dehors des partis traditionnellement majoritaires sous la Vème République. 57% des sympathisants de la France Insoumise et 78% des sympathisants du Front National s’y déclarent favorables, tout comme 56% des sympathisants de La République en marche !. A l’inverse, le souhait de réforme en profondeur des institutions est minoritaire chez les sympathisants du Parti socialiste (44%) et ceux des Républicains (47%).
  • Sur un plan historique, signe que l’élection d’Emmanuel Macron a pu répondre dans une certaine mesure à la soif de renouvellement institutionnel des Français, la part d’individus souhaitant une réforme en profondeur des institutions régresse de 5 points en comparaison à juin 2016 (64%, sondage POP2017).

Des projets présidentiels consensuels : l’interdiction du cumul de trois mandats identiques (84% de favorables), la réduction du nombre de parlementaires (86%), le regroupement des scrutins locaux en 2021 (69%) mais des opinions plus clivées quant à l’élection de députés européens sur des listes transnationales (52% de favorables)

Au-delà des projets présidentiels, des Français très favorables à des réformes qui offriraient une représentation plus fidèle de la société : introduction de la proportionnelle aux législatives (72%), création du « référendum-veto » (71%), droit de vote obligatoire (61%)

  • Généralement lésés par le scrutin majoritaire, les sympathisants de la France Insoumise (84%) et du Front National (92%) expriment le plus fort soutien à la possibilité d’adopter la proportionnelle aux élections législatives.
  • L’introduction d’un « référendum-veto » d’initiative citoyenne recueille notamment un fort soutien des sympathisants de la France Insoumise (85%), des jeunes (82% chez les 18-34 ans), des sympathisants du Front National (81%) ou encore des ouvriers et des employés (79%).
  • Les plus réservés vis-à-vis de la possibilité de rendre le vote obligatoire aux élections locales et nationales sont les sympathisants de la gauche (55%) et les interviewés ne déclarant aucune proximité partisane (47%). Les abstentionnistes du second tour de l’élection présidentielle de 2017 se montrent particulièrement rétifs à cette éventualité : 70% y sont opposés.

Le droit de vote des étrangers non-communautaires : un projet peu soutenu (45% de favorables)…et très clivant.

  • 45% s’y déclarent favorables contre 61% en novembre 2011 (sondage BVA pour Le Parisien).
  • Le clivage gauche-droite demeure une clef pertinente d’analyse des opinions sur cette question : seuls 12% des sympathisants du Front National y sont favorables tout comme seulement 14% des sympathisants LR alors qu’à l’inverse, 74% des sympathisants de la France Insoumise, 77% des sympathisants socialistes et 60% des sympathisants LREM soutiennent cette possibilité.

Source : BVA (voir ici)