Las Vegas : l'acte fou d'un Américain sexagénaire revendiqué par l'EI (plus de 50 morts, 500 blessés)

Un Américain sexagénaire a tué au moins 50 spectateurs d'un concert en plein air dimanche soir à Las Vegas, commettant la pire fusillade de l'histoire moderne des Etats-Unis. Perché dans un hôtel adjacent, surarmé, il s'est apparemment suicidé avant que les policiers ne l'atteignent.

Selon le dernier bilan fourni par la police de Las Vegas, Stephen Paddock a tué au moins 59 personnes. Au moins 527 autres ont été blessées.

Près d‘une douzaine de personnes se trouvent dans un état critique à l‘hôpital universitaire de Las Vegas, où sont soignés tous les blessés, a annoncé une porte-parole.

Les autorités ont prévenu que ce bilan était provisoire, de nombreux spectateurs ayant fui le site de la fusillade et trouvé refuge un peu partout dans la ville. “La phase d’évacuation va prendre du temps”, a souligné Joseph Lombardo.

Le nombre de victimes confirmées dépasse déjà celui de la fusillade de l‘an dernier dans une discothèque d‘Orlando, où 49 personnes avaient été tuées par un tireur se réclamant de l‘Etat islamique.

“Cela ressemblait à un feu d‘artifice. Les gens tombaient sur le sol. Cela ne s‘arrêtait pas”, témoigne Steve Smith, un spectateur de 45 ans venu de Phoenix, dans l‘Arizona, pour ce festival de musique country qui affichait complet.

Des milliers de personnes ont fui le site du concert dans un gigantesque mouvement de panique. Certaines ont été piétinées, tandis que d‘autres, ensanglantées, erraient dans les rues, les casinos voisins, comme le Caesar’s Palace et le Luxor, ayant fermé leurs portes, selon des témoins.

Dans une brève allocution télévisée depuis la Maison blanche, Donald Trump a dénoncé un acte “diabolique” et a ordonné que les drapeaux soient mis en berne.

Reuters

Plus de 400 festivaliers ont été transportées dans les hôpitaux débordés de cette ville du Nevada, capitale du jeu et du divertissement, dans le désert. Le bilan, a précisé le shérif Joseph Lombardo au petit matin, est provisoire.

Le tireur, Stephen Paddock, s'était installé au 32e étage de l'hôtel Mandalay Bay, massif établissement visible des quatre coins de Las Vegas.

Lundi en fin d'après-midi, via son organe de propagande, le groupe terroriste Etat islamique revendiquait l'attaque, affirmant que Paddock s'était converti à l'islam il y a plusieurs mois. L'enquête devra déterminer si oui ou non, l'auteur de la tuerie avait effectivement des liens avec les terroristes.   

Des images amateurs montrent la panique parmi les 22.000 amateurs de musique country présents au concert, alors que le chanteur Jason Aldean se produisait sur scène.

De longues et terribles rafales sont audibles. Entre les tirs, des gens tentent une échappée, sautant comme ils le peuvent des barrières. D'autres se couchent à plat ventre, certains protégeant de leurs corps les plus vulnérables.

«Nous étions en train de passer une très bonne soirée, quand nous avons entendu ce qui ressemblait à des pétards. Il s'agissait en fait d'une arme automatique en pleine action, mais ça ressemblait à des bruits de pétards», a raconté aux médias locaux Joe Pitz, un témoin.

L'illusionniste luxembourgeois David Goldrake se trouvait sur place lui aussi. Il a rassuré ses fans ce lundi, via les réseaux sociaux, indiquant que lui et ses proches étaient sains et saufs.

 

Le tireur se serait suicidé 

Les mobiles du tireur sont inconnus à ce stade. Stephen Paddock, homme blanc de 64 ans, habitait la ville de Mesquite, 18.000 habitants, située à quelque 120 kilomètres de Las Vegas, toujours dans le Nevada.

Initialement, le shérif de Las Vegas avait déclaré que ses hommes avaient «abattu le suspect», mais les autorités croient désormais que l'homme s'est suicidé. Il a déclaré que plus de dix fusils avaient été retrouvés par les unités d'intervention spéciales (SWAT) dans la chambre d'hôtel.

La police avait dans les heures suivant la fusillade lancé un avis de recherche pour la compagne du tireur, une femme nommée Marilou Danley. Elle a finalement été localisée à l'étranger, sans précision du pays.

«Nous lui avons parlé et nous ne pensons pas qu'elle soit impliquée», a déclaré le shérif Lombardo.

 

Les armes automatiques interdites

Le son des rafales ressemble à celui émis par les armes automatiques, où un tireur peut garder son doigt appuyé sur la détente pour continuer à tirer de façon continue. Ces armes sont interdites depuis les années 1930 aux Etats-Unis, mais les versions semi-automatiques, où il faut relâcher la gâchette entre chaque balle, sont autorisées à la vente.

Le Nevada a l'une législations les plus permissives aux Etats-Unis pour la vente d'armes. Le président Trump devra maintenant faire face au débat inévitable sur les armes à feu autorisées aux Etats-Unis.

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