Un religieux saoudien prêche que les femmes ont un «quart» de cerveau

Un religieux saoudien qui a affirmé que les femmes ne devraient pas être autorisées à conduire car elles n'ont que le «quart» du cerveau d'un homme a été interdit de prêche, ont indiqué vendredi les autorités.

 

Saad al-Hijri a été suspendu de toute activité religieuse dans la province d'Asir (sud) après que ses propos eurent défrayé la chronique sur les réseaux sociaux dans ce royaume ultraconservateur qui applique une version rigoriste de l'islam.

 

«Pas la moitié, mais un quart»

Dans une vidéo qui l'identifie comme un important dignitaire religieux, Hijri affirme que les femmes ont normalement «la moitié du cerveau» d'un homme mais qu'elles n'en ont plus qu'un «quart» quand elles vont faire du shopping et qu'elles ne doivent donc pas être autorisées à conduire un véhicule.

Les femmes n'ont pas le droit de conduire en Arabie saoudite, un pays où elles sont maintenues à l'écart des hommes qui ne sont pas membres de leur famille dans les lieux publics.

Les Saoudiennes sont en outre soumises à la tutelle de membres mâles de leurs familles - généralement le père, le mari ou le frère - pour pouvoir faire des études ou voyager.

 

Ne pas porter atteinte aux valeurs d'égalité

La sanction imposée à ce religieux par les autorités «est un signe montrant que les plateformes de prêche ne seront pas utilisées pour porter atteinte aux valeurs d'égalité, de justice et de respect des femmes inhérentes à l'islam», a précisé le porte-parole du gouverneur de la province d'Asir dans un communiqué.

«Quiconque utilisera ces plateformes de prêche dans le futur pour porter atteinte à ces valeurs sera suspendu», a-t-il poursuivi.

Après avoir été sanctionné, le religieux a indiqué que sa «langue avait fourché», selon le journal en ligne Sabq.

 

Dénoncé par des militants

"C'est un signe montrant que les plateformes de prêche ne seront pas utilisées pour porter atteinte aux valeurs d'égalité, de justice et de respect des femmes inhérentes à l'islam", a précisé le porte-parole du gouverneur de la province d'Asir dans un communiqué. 

 Outre l'interdiction de conduire, les femmes saoudiennes sont soumises à la tutelle des membres mâles de leur famille pour pouvoir faire des études ou voyager. Mais les lignes bougent, lentement. En 2015, elles ont pu voter pour la première fois aux élections locales.

En 2013, le très joli film "Wadjda" racontait l'histoire attendrissante d'une fillette de 12 ans qui rêve de faire du vélo, activité interdite au "deuxième sexe" en Arabie saoudite. Quelques mois plus tard, les femmes gagnaient le droit de monter sur une bicyclette, mais à certaines conditions, fort contraignantes : être vêtues avec pudeur, avoir un membre de sa famille de sexe masculin à proximité, ne pas utiliser le vélo pour aller faire les courses, et ne pas pédaler là où il peut y avoir "une forte affluence de passants hommes".

 

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